

Éditions Le livre de poche, 2019 (255 pages)
Ma note : 16/20
Quatrième de couverture …
Meadowbank, collège très snob qui accueille les jeunes filles du gratin londonien, de la gentry du Commonwealth et de la crème des Émirats. Dans cet univers si distingué, quelques menus détails détonnent pourtant… Il n’y a que Poirot qui puisse percer tant de mystères.
La première phrase
« La rentrée d’été battait son plein au collège de Meadowbank. Le soleil de la fin d’après-midi illuminait la terrasse gravillonnée qui s’étendait devant le bâtiment principal. »
Mon avis …
Quel bonheur de retrouver ce cher Hercule Poirot ! Cat among the pigeons (1959) fait intervenir notre détective belge tardivement dans l’intrigue, mais une fois de plus ses petites cellules grises fonctionnent à plein régime et n’ont de cesse de nous étonner ! Agatha Christie signe ici un Poirot atypique puisqu’il est avant tout question d’espionnage et de pierres précieuses. J’ai beaucoup aimé cette enquête qui nous fait voyager en Moyen-Orient, avant de nous proposer d’infiltrer un collège anglais on ne peut plus select.
Meadowbank, un établissement anglais huppé, s’apprête à accueillir de nouvelles élèves. La directrice, la très stricte Miss Bulstrode, ne se laisse guère impressionner par toutes ces jeunes filles issues de l’aristocratie ou de familles riches : elles n’ont d’autre choix que d’entrer dans le moule qui a été pensé pour elles. Tout est millimitré, calculé. En tout cas, jusqu’à ce que plusieurs enseignantes perdent la vie dans le gymnase du collège, dans des circonstances qui dépassent l’entendement. Ces meurtres sont-ils liés à un coup d’état qui a eu lieu dans un lointain émirat ? Une jeune princesse orientale vient en effet de rejoindre les effectifs du collège. Et surtout, qui donc aurait pu faire le coup : un déséquilibré de passage ou bien un membre du personnel ? Heureusement, une élève plutôt dégourdie aura l’audace de rejoindre Londres et le domicile d’Hercule Poirot. Appelé à la rescousse, notre détective damera le pion à l’inspecteur Kelsey, alors en charge de l’enquête.
Une fois n’est pas coutume, j’aurai réussi à deviner quelques éléments de l’intrigue (à commencer par la cachette des diamants). Pour autant, la reine du crime se montre toujours aussi ingénieuse lorsqu’il est question de brouiller les pistes. La personnalité des enseignantes est passée au crible, de même que les amitiés et inimitiés des unes et des autres. Sans compter que la présence d’un espion sous couverture au sein des effectifs ajoute du piment à l’ensemble. Je dois vous avouer être habituellement peu friande des récits d’espionnage. Mais, lorsqu’il s’agit des intrigues concoctées par Dame Agatha, la recette semble fonctionner !
En bref, j’ai passé un bon moment en compagnie de ce roman. Sur fond d’espionnage, Le chat et les pigeons tire habilement son épingle du jeu ne serait-ce que par le cadre de son intrigue (une prestigieuse école privée britannique de la fin des années 50). L’arrivée tardive d’Hercule Poirot est quant à elle un plaisir en soi. Sans lui, l’enquête piétine littéralement. Il manque l’ordre et la méthode. Lorsqu’il surgit enfin : tout s’éclaire. La dernière pièce du puzzle peut alors être posée. Agatha Christie n’a en tout pas son pareil pour se renouveler et nous surprendre.
Extraits …
« – Comment vous expliquer ? … C’est à croire qu’il y a… un loup dans la bergerie. Mais ce loup demeure
inconnu.
– Très vague, mademoiselle Rich.
– Je l’admets ; même cela paraît absurde. Disons qu’il y a quelque chose – peut-être de peu d’importance – dont
j’ai eu conscience, sans pouvoir préciser quoi que ce soit.
– Et qui concernait qui ?
– Précisément, un mystère ! Mais je le répète : à Meadowbank même réside une personne qui, d’une façon ou d’une autre, a de mauvais desseins. Ne pouvoir la désigner me trouble au possible…
Elle s’efforçait de clarifier ses pensées, sous le regard acéré de l’inspecteur. »


