Le crime du paradis • Guillaume Musso

crime paradis Guillaume Musso

crime paradis Guillaume Musso

Éditions Calmann-Lévy, 2026 (468 pages)

Ma note : 16/20

Quatrième de couverture …

Florence et Julian Livingstone, un couple d’Américains fortunés, réunissent chaque été un petit cercle d’amis dans leur somptueuse maison du cap d’Antibes, la Villa Starlight. Mais ce monde idyllique s’effondre la nuit où Oscar, leur fils de trois ans, est enlevé dans des conditions mystérieuses. Alors que l’affaire passionne le monde entier et que la peur se répand, le policier chargé de l’enquête se heurte à un mur de mensonges et de secrets.Son chemin va croiser celui de la jeune romancière Agatha Harding qui espère s’emparer du drame pour écrire un best-seller…

La première phrase

« Assis seul à sa table, le commissaire Joseph Lèques vida d’un trait son verre de vin blanc puis le reposa lourdement à côté de l’assiette de coquillages qu’il avait à peine entamée. »

Mon avis …

Après ma rencontre ratée avec L’inconnue de la Seine (cette expérience de lecture fut carrément un fiasco, il faut le dire), je ne m’attendais pas à rouvrir un roman de Guillaume Musso de sitôt. Et pourtant… la promesse d’un polar se déroulant dans les années 20 sous fond d’hommage à la reine du crime aura eu raison de moi. Contre toute attente, j’ai passé un bon moment en compagnie de ce récit addictif qui nous fait voyager dans le temps en compagnie de personnages étonnants et de paysages de carte postale.

Antibes, 1928. Florence et Julian Livingstone semblent doués pour le bonheur : leur aura dépasse les frontières géographiques de la Côte d’Azur, et leur demeure avant-gardiste attire tous les regards. Alors que les artistes, écrivains ou encore sportifs les plus en vogue se pressent à leur rendre visite, un drame survient : Oscar, le petit garçon du couple, disparaît mystérieusement. Personne n’a rien vu, rien entendu si ce n’est le bruit d’une auto aux alentours de la maison des gardiens. Le commissaire Joseph Lèques et l’inspecteur Charlie Langlois sont sur le coup. Il leur faut absolument retrouver Oscar, avant que cet enlèvement en vienne à parvenir aux oreilles du Tout-Paris.

Pour cela, il leur faut bien évidemment passer au crible tous les suspects. La gouvernante, Lucie Chevalier, en fait partie. N’est-elle pas censée veiller jour et nuit sur les enfants Livingstone ? L’aînée, Grace, se présente en tout cas comme une fillette plutôt détestable. Les Livingstone quant à eux semblent cacher quelques secrets. Sous le poids des apparences, le vernis craque. Avant le drame, Florence et Julian venaient en effet d’essuyer une violente et inhabituelle dispute. Les invités du couple, quant à eux, ne comptent guère rester en retrait, chacun y allant de ses petites hypothèses. Une jeune romancière, Agatha Harding, espère tirer de l’incident une véritable source d’inspiration pour penser l’intrigue de son nouveau roman policier.

Lèques et Langlois constituent un binôme plutôt efficace, qui n’hésite pas à prendre des risques pour faire avancer l’enquête. Joseph Lèques se voit cependant freiné par ses démons et les conséquences que la Grande Guerre a pu laisser derrière son sillage… Charlie Langlois, recruté récemment à la brigade mobile de Marseille, fonce quant à lui tête baissée. Ce qui lui vaudra quelques mésaventures.

Plus que l’intrigue en elle-même, j’ai apprécié l’atmosphère de ce roman. Les faux-semblants règnent en maître, alors que l’ambiance estivale de la Côte d’Azur des Années folles offre un charme certain à l’ensemble. J’ai en tout cas aimé me perdre dans les jardins ensoleillés de la villa Starlight, foncer à toute vitesse dans le bolide d’Agatha Harding ou encore espérer stopper le coupable lorsqu’il se met en scène, un masque à gaz cachant son visage, pour faire bisquer les policiers.

Ce récit policier est de facture plutôt classique et, s’il se veut rendre hommage au talent de la grande Agatha Christie, n’arrive pas (il faut le dire) à la cheville des romans mettant en scène Hercule Poirot. Je m’attendais davantage à un huis-clos. Ou encore à ce que la psychologie des personnages secondaires soit davantage travaillée. Il faut pour autant saluer l’initiative de l’auteur qui s’en sort plutôt bien. J’étais en effet à mille lieues de trouver l’identité du coupable tandis que les scènes d’action se multiplient, nous embarquant ici totalement. Le plaisir de lecture aura donc été au rendez-vous, preuve si besoin est qu’il ne faut jamais s’arrêter à une déception !

Les chapitres s’enchaînent avec naturel, tandis que l’écriture va droit au but. J’ai apprécié que Guillaume Musso intègre à son récit quelques documents d’époque (tantôt une carte postale tantôt des coupures de journaux). L’envie de découvrir le fin mot de l’histoire ne faiblit quant à elle jamais.

En bref, Le crime du paradis fut une bonne surprise. J’ai aimé les petits clins d’œil aux écrivains et personnalités de l’époque, de même que l’idée de Musso de s’emparer d’un fait divers (l’enlèvement du petit Lindbergh, dont Agatha Christie s’était elle-même inspiré pour rédiger Le crime de l’Orient-Express) pour mettre une brigade régionale de police mobile sur le coup. J’ai eu une petite pensée pour Les Brigades du Tigre (même si, dans la série, l’action se déroule bien avant puisque celles-ci furent créées vers 1910). Je ne peux en tout cas que vous encourager à découvrir ce polar rétro aux accents provençaux qui fait le job et me semble parfait pour la période estivale.

Extraits …

« C’est l’heure où la mer se fond avec le ciel, où les chiens deviennent des loups et les loups deviennent les hommes. »


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