Au gré des vents, tome 2 : Esther (Sonia Alain)

Au gré des vents, tome 2 : Esther (Sonia Alain)

Auteur : Sonia Alain

Éditions : Les éditeurs Réunis

Paru le : 27 avril 2022

391 pages

Thème : Romance historique

disponible sur le site de l'éditeur

et sur Amazon

Fait partie de la duologie

Au gré des vents


J'ai adoré !

 Résumé 

  « Métis, 1917. À la suite d’une série d’événements tragiques, Esther Beaupré, dix-huit ans, doit se résigner à seconder son père sur la ferme familiale et à s’occuper de ses cadets. La demoiselle au tempérament indépendant et avide de liberté supporte mal sa nouvelle réalité, d’autant plus qu’elle rêve de s’évader et de parcourir le monde.

Porté disparu depuis la bataille de Vimy et profondément marqué par la guerre, Eliot McNeil revient enfin à Montréal, où il cache son identité, préférant se faire passer pour mort. Refusant de croire à son décès, Esther quitte finalement son foyer pour se lancer à sa recherche. C’est toutefois un être perdu dans une spirale infernale qui le détruit à petit feu qu’elle parvient à retrouver, et elle ignore si elle pourra aimer celui qu’il est devenu. Eliot sera-t-il à même de combattre ses démons et de reprendre sa vie en main ? Esther aura-t-elle la force de demeurer à ses côtés pendant ces heures sombres, dans l’espoir de voir enfin poindre ce bonheur auquel ils aspirent ?
Dans le second volet de sa plus récente série d’époque, Sonia Alain nous invite à découvrir un univers riche en rebondissements, où l’on souhaite voir l’amour triompher sur les plus grandes blessures de la vie.»  

 Ma chronique 

Me voici avec ce dernier tome de cette duologie. 3 ans après les événements du premier tome, nous retrouvons nos familles ou plus précisément Eliot sur le champ de bataille. Puis, nous revenons quelques mois en arrière, avant la fin du premier tome afin de mieux comprendre certains faits surtout du côté de Esther et Eliot. Le résumé en dis déjà bien assez, donc il est parti à la guerre suite à un mal-être et lorsqu'il revient, il n'est plus comme avant. Physiquement diminué, son esprit tourmenté lui dicte de se faire oublier de tous. Mais c'est sans compter sur Esther qui ne croit pas à sa mort. C'est impossible pour elle, elle l'aurait senti et ne veut pas se laisser abattre. Elle décide de partir afin de le retrouver sans vraiment savoir par où commencer. Montréal, ville meurtrie depuis des années va les voir entrer en son sein et les laisser découvrir cette ville qui ne ressemble plus à rien. Est-ce qu'ils vont réussir à surmonter les multiples obstacles ? Pour ceux qui connaissent Sonia, la réponse est assurée, mais comment cela va se passer ? Que vont-ils perdre dans cette histoire ? Eux qui pensaient ne plus rien avoir à perdre risquent bien de découvrir qu'ils ont tout a gagner, bien au contraire.

Esther est plus dynamique que Aimeline, mais tout autant dans la gentillesse et le travail. Esther n'a plus le choix de devenir celle qui va aider son père ainsi que les petits à surmonter les diverses étapes de la ferme. C'est une jeune femme de 18 ans qui décide de devenir une sauveuse et n'hésite pas à partir pour son amour. Toute la partie où elle est à Métis avec sa famille, nous avons des nouvelles des aventures de Aimeline que nous connaissons déjà, mais de son point de vue, ainsi que des nouvelles de Charlotte. Les enfants ne sont pas là pour rester éternellement chez leurs parents, il s'agit pour eux de quitter le nid en temps voulu. Lorsque Esther part pour Montréal, ce n'est pas une ville lumière qui  l'attend, mais un gouffre sans fond. Pour survivre, il faut travailler dur pour très peu. Elle fera des connaissances et des amitiés qui resteront. Esther est terriblement vindicative par moment, mais ce caractère de cochon sera celui qui va l'aider pour survivre à toutes les aventures qui lui tendent les bras. Des mauvaises rencontres ? Oui, elle en aura et pas qu'un peu. Il faut dire qu'en 1917, une femme qui travaille en usine et qui serait tranquille ? Non, il y a malheureusement des patrons, contremaitres et autres hommes qui profitent de la situation pour un droit de cuissage. Mais c'est mal connaître Esther et le fait que les femmes tentent d'être solidaires.

  Le récit est plus axé sur Esther, en comparaison du premier tome, car elle est partie et donc nous les voyons moins. Eliot n'est pas en reste, nous le suivons à l’hôpital, apprenons en même temps que lui les souffrances qu'il va avoir et surtout ce qui lui reste. Les gueules cassées, vous connaissez ? Je ne donne pas de détails, Eliot a souffert dans son corps et son esprit le tourmente. Il ne pense plus être un homme et par conséquent ne veut pas que quiconque le voit ainsi. Alors rentrer chez lui, laisser ses  parents, ses frères et sœur le voir tel qu'il est ? Et encore moins Ether, celle qui lui fait battre le cœur plus vite. Le champ de bataille c'est pire que ce que nous pouvons imaginer tant que nous n'y sommes pas. L'auteur nous donne ses ressentis, sa vision, son horreur de ce qu'il fait, de ce qu'il doit faire et de ses compagnons d'armes qui tombent les uns après les autres. Il aurait préféré mourir plutôt que de n'être que ce qu'il est devenu. Ces moments sont durs, mais ce qui se passe après l'est encore plus. Il va devoir se reconstruire, mais seul il se laissera aller. Le regard des autres, il s'en cache. Pourtant un homme va le retrouver et franchement, je l'adore ce personnage : Liam ! Oui, il est là et va devenir celui qui bouge ses fesses afin de redevenir le plus près possible le Eliot d'avant.
    Esther est une battante et fera tout pour faire revenir Eliot. Et cela risquera de lui amener des problèmes, même si Eliot n'est pas e jeu. Nous retrouvons tous les autres personnages, Violette qui vit une aventure que j'ai adoré (c'est mon côté sadique qui parle), Liam qui est adorable, Darren, Aimeline, les parents, les frères et sœurs, Charlotte, un gros coup de cœur pour la petite Mary. La douleur n'est pas que physique, Sonia nous en donne plus que des morceaux. En suivant chaque personnage, nous constatons que physique ou mentale, la douleur est là, une vieille amie qui ne les lâche pas. C'est ce qui nous rend vivant et donne plus d'impact aux personnages. Les vies en temps de guerre ne sont pas les plus faciles, je me souviens de ce que ma grand-mère a vécu et j'ai trouvé que c'était très bien exposé ici, même si ce n'est pas dans le même pays. Une guerre mondiale impacte forcément dans tous les pays et ce qui se passe dans ce marché m'a assise. Comment un pays peut faire cela à ses enfants ? C'est incompréhensible et même si les explications sur les dates qui ont été changées pour le récit m'ont paru étranges, je sais que c'est la vérité et cela fait peur. L'auteur utilise la vérité pour l'utiliser dans ses récits et nous en apprenons des choses, surtout pour moi qui ne suis pas de chez elle.     La fin justifie les moyens, le pardon peut encore être accepté et donné, mais lorsque c'est sur soi qu'il faut travailler, que doit-on faire ? J'aurais bien dis appeler Liam qui a les moyens de vous faire rire, de vous faire dessaouler et surtout de réussir à obtenir les miracles. J'avais demandé une fois à Sonia de lui écrire son histoire, peut-être un jour, qui sait ? Cette aventure est plus sombre, car nous plongeons dans la mémoire, dans l'horreur, dans la noirceur des êtres qui ont vécu dans le noir si longtemps. Même si j'ai préféré le premier tome, ce second a beaucoup de thèmes et d'éléments qu'il faut absolument découvrir. Malgré tout cela, le livre n'est pas que mouchoirs et envie de se pendre, bien au contraire. Il y a de la lumière, par les joutes verbales entre Esther et tous ceux qu'elle côtoient, car elle n'a pas sa langue dans sa poche et surtout se met souvent dans une position qu'elle ne devrait pas, mais qu'importe. J'ai adoré Eliot avec son sale caractère, ses envies de boire à tout va et cela ne lui va pas l'alcool, l'affection qu'il porte à sa famille, ses amis et le fait qu'il veut les protéger de lui-même. C'est un amalgame de sensations et d'émotions qui nous traverse régulièrement. Et la fin est telle que je l'imaginais, avec ce petit bonheur qu'il faut pour ce long tunnel qui nous promettait monts et merveilles, mais à quel prix ?     En conclusion, ce second tome est basé sur les diverses séquelles que la guerre peut faire sur un homme, une femme, une famille, tout un peuple. Le côté historique ainsi que les descriptions sont toujours bien présents et la plume toujours aussi addictive. La douleur nous est transmise par divers moyens. Les familles auront eu de nombreux obstacles et épreuves, mais avec de la patience et de la bonté, sans oublier l'amour, ces familles vont réussir à les surmonter. Une duologie que je recommande à tous les amoureux de romance, historique ou non, car point de roi, mais un début du vingtième siècle où tout est possible.
   

 Extrait choisi :  

« Ester poussa un soupir de soulagement. Elle aurait ri de sa frayeur si elle n'avait pas été secouée à ce point. Elle émit un "pff!" en hochant la tête, puis s'empressa de tourner les talons pour regagner la demeure de Peggy. Dès que le bruit des pas déclina, un homme sortit de sa cachette, un rictus mauvais déformant sa bouche. Il avait retrouvé la trace de la gueuse, mais il allait devoir se montrer prudent à l'avenir, car la garce avait l'esprit vif et ne manquait pas de courage. Rien à voir avec une certaine personne de sa connaissance. Néanmoins, Esther Beaupré ne faisait pas le poids. Il avait beaucoup trop à perdre. La fille l'ignorait, mais le cours de son existence était sur le point de basculer. Il eut un rire caustique à cette pensée.»

Au gré des vents, tome 2 : Esther (Sonia Alain)


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