La peine du bourreau

Nouvelle lecture en catégorie Noire pour le PAI 2020.
Quatre heures dans un couloir de la mort. Le condamné sera-t-il gracié ou exécuté ?
C’est justement ce qu’Estelle Tharreau nous raconte dans La peine du bourreau.

La peine du bourreau

256 pages – Taurnada Éditions – Broché – E-Book (10/2020)

Ce qu’il en est :
McCoy a passé 42 ans dans le couloir de la mort. Il s’apprête à pratiquer sa dernière exécution sur le prisonnier Ed 0451, quand le gouverneur Thompson vient s’entretenir officieusement avec lui.

Pendant quatre heures, le gouverneur va poser des questions, et découvrir la vie de deux hommes derrière les barreaux, mais chacun d’un côté. Et il s’avère qu’il n’y a pas que le condamné qui purge une peine.

McCoy raconte en détails sa vie de bourreau, le côté humain presque inexistant, et l’implacable machine à tuer qu’est la justice du Texas. On découvre aussi la vie d’un prisonnier qui bascule, qui évolue et qui, si elle n’excuse pas, explique certains comportements : entre l’éducation d’un père raciste, les injustices raciales, la politique et l’intégration au sein de sa propre famille, Ed 0451 a dû faire des choix. Taiseux sur ses actes et sa vie en général, il assume toutes les conséquences qui l’ont mené dans ce couloir de la mort.
Les minutes s’égrènent entre les murs et les barreaux, Thompson perd de sa superbe et ses convictions vacillent. À la veille d’élections, il sait que sa décision sera capitale auprès des manifestants qui siègent devant la prison de Walls. L’heure fatidique arrive, le prisonnier est sur la table, prêt à recevoir l’injection létale, quand le téléphone sonne. Le gouverneur tient à annoncer lui-même son verdict.

Ce huis-clos est un véritable thriller psychologique comme on les aime. Cela pourrait paraître long, mais il n’en est rien. On se laisse emporter par les souvenirs du vieux bourreau, qui génère immédiatement l’empathie. Ed 0451 apparaît sous un nouveau jour, et même s’il est un meurtrier récidiviste, ses actes peuvent trouver grâce par certains aspects.
L’auteure ne prend pas partie pour ou contre la peine de mort, mais son récit très bien mené pose de véritables questions sur le fonctionnement d’un système en échec, et le bienfondé de la peine capitale malgré son évolution. La plume fluide alternant les époques des différents événements et l’attente de la décision du gouverneur tiennent le lecteur en haleine jusqu’au bout, avec un twist final totalement inattendu.

À bientôt pour une nouvelle chronique 😉

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