Patrick deWitt : French Exit

Patrick deWitt, P.G. Wodehouse Patrick deWitt est un écrivain et scénariste canadien né sur l’île de Vancouver en 1975 qui vit actuellement à Portland dans l’Oregon avec sa famille. French Exit est son nouveau roman.

Frances, la soixantaine et veuve de Franklin Prices avocat plus ou moins vertueux mais grassement rétribué en son temps, se retrouve fort déconvenue quand elle réalise que son héritage a fondu au soleil par ses dépenses inconsidérées. Obligée de quitter son somptueux logement à Manhattan, elle accepte la proposition de son amie Joan qui lui prête un appartement à Paris. Frances, son fils Malcom « un pauvre type made in USA » et le chat Small Franck embarquent sur un navire en direction de l’Europe…

Si vous aimez les romans farfelus, en voici un !

Frances est une excentrique et une mère castratrice tenant sous son joug, un Malcolm qui se la coule douce, sans but précis dans la vie, ayant une liaison éthérée avec sa fiancée Susan, bien entendue détestée par Frances. Lors de la croisière, mère et fils vont faire la connaissance de Madeleine, une voyante qui prévoit la mort. A Paris, le matou va s’échapper, au désespoir de Frances qui engage Julius, détective privé, pour retrouver la voyante qui par ses dons de médium pourrait entrer en relation avec Small Franck, car j’ai oublié de vous dire que la bête est en fait la réincarnation de l’époux décédé ! Là, vous commencez à voir le côté farfelu évoqué plus haut.

Par moments, j’ai songé à P.G. Wodehouse (mais en moins drôle quand même), le rythme est enlevé, les dialogues sont percutants, les personnages sont tous excentriques ou « grave » originaux et l’appartement parisien va devenir un gentil asile de zinzins, outre mère et fils, viendront s’y empiler, madame Reynard une expatriée américaine qui se cherche de la compagnie à Paris, Susan et son nouvel ami Tom, le détective et la voyante… et quelques autres figures de passage. Les situations abracadabrantes s’enchainent, mais derrière ces invraisemblances, on comprend que Frances a un but, un projet qui la sortira de sa situation difficile actuelle et dont je ne vous dirai rien.

La critique professionnelle a vu dans ce roman une satire sociale – c’est d’ailleurs le sous-titre du bouquin, « Une tragédie de mœurs ». Moi, qui suis moins finaud que ces cadors, j’y ai surtout vu une loufoquerie œdipienne. C’est souriant toujours, très drôle parfois et j’ai passé un bon moment durant cette lecture. Point.


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