Le faire ou mourir

Le faire ou mourir
Le faire ou mourir
Vus de l'extérieur, ils faisaient plutôt peur, ceux de la bande à Samy, avec leurs coupes de cheveux étranges, leurs vêtements noirs, leurs piercings... Mais le jour où les skateurs s'en sont pris au nouveau du collège, Dam, avec son physique de frite molle, c'est Samy qui s'est interposé et lui a sauvé la mise. Et c'est comme ça qu'ils se sont rencontrés, et que l'histoire a commencé. Samy a essuyé le sang qui coulait de la tempe de Dam, avec sa manche noire. C'était la première fois que quelqu'un le touchait avec autant de douceur...
Le faire ou mourir
Pourquoi ce livre ? Pour la raison toute bête que je participe à un challenge assez libre, avec des consignes à valider sans date limite, dans un univers que j’adore : les Ghibli. Quelques consignes sont enquiquinantes et celle qu’on m’a tiré au sort (“Lire un livre avec un personnage principal dépressif”) n’était pas évidente… J’ai fait appel à la communauté de Livraddict pour me rencarder sur certains titres et j’ai jeté mon dévolu sur celui-ci, court et plus à même de m’intéresser pour son sujet.
Car ce titre évoque la dure réalité d’un adolescent mal compris. Celui-ci ne parvient pas à s’exprimer : entre une famille qui ne l’écoute pas - pire, qui l’enfonce au moindre prétexte - et une apparence chétive, s’assumer devient une lutte de chaque instant. Et Damien, alias Dam, a depuis longtemps baissé les bras.
L’ambiance est évidemment très pesante, sans pencher vers le pathos. Les colibets et multiples blessures, peu importe la façon dont elles sont infligées et par qui, m’ont retourné le ventre à plusieurs reprises. C’est vraiment une atmosphère lourde, surtout avec cette famille bonne à jeter. J’aurais bien mis quelques claques au père et secouer la sœur pour cette méchanceté gratuite (ils n’ont pas appris l’amour ou quoi ?!). Même la mère est à gifler par son inactivité qui cause du tort à beaucoup… ‘fin bref, Damien n’a rien ni personne pour aller mieux. Ou plutôt si, un groupe de “gothiques” va l’aider à ressentir du bien-être, va l’aider à s’exprimer. Les choses ne vont pas aller en s’améliorant, au moins Damien a-t-il (difficilement là encore) un appui sur qui compter.
Ce fut une lecture marquante, mais pas autant que je l’aurais espéré. Certes, j’ai ressenti pas mal d’émotions assez contradictoires, allant de la colère à la tendresse, du dégoût à l’amour. C’est puissant comment ça prend aux tripes et j’ai laissé opérer les choses. C’est un roman où il faut savoir lâcher prise, ne rien brider - le faire pour Dam, qui galère tellement à en faire de même. Pourtant, malgré ce tourbillon d’émotion, j’ai trouvé qu’il manquait quelque chose. Peut-être une fin plus impactante que celle-ci qui, à mon goût, retombe comme un soufflé. Je n’attendais pas forcément quelque chose de fort, seulement quelque chose qui rendrait ce livre mémorable. Là, je suis encore sous le choc, mais je ne suis pas certaine que ce sera le cas d’ici deux ans…
Les personnages sont bien entendu marquants, que ce soit Damien mais aussi Samuel, le “meneur” de la bande. Tous les deux opposés et pourtant si proches, avec cette tendresse qui les habite et les anime. La mère de Samuel est également un amour et je l’aurais embrassée si j’avais pu ! Dans l’ensemble, le roman compte très peu de personnages : j’ai adoré les amis de Sam, détesté la famille de Dam.
J’ai beaucoup aimé la mise en forme du récit. Si des éléments de parole ponctuent la narration, aucun dialogue avec la typographie habituelle n’est présent. Oubliez donc les guillemets ou les tirets, la communication que Damien ne parvient pas à établir apparaît dans cette déconstruction du dialogue tel qu’on le conçoit aujourd’hui dans un roman. J’ai trouvé la chose bien faite, réfléchie et bien exploitée. Quant à la plume elle-même, elle retranscrit parfaitement la détresse du protagoniste, dans une fluidité et une souffrance mêlées.
Le faire ou mourir
Je ne m’attendais pas à tant d’émotions contradictoires. J’ai forcément aimé, si tant est qu’on puisse aimer un tel livre. L’histoire de Damien m’a prise aux tripes, révoltée, attendrie. J’ai vraiment ressenti ce récit, prouvant qu’il a eu un pouvoir sur moi. Pourtant, je ressors frustrée par une fin qui tombe à plat, on ne sait pas du tout ce que deviennent les uns et les autres… De fait, je ne sais ce qu’il me restera de cette lecture dans quelques mois.
Le faire ou mourir
14/20

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