Tayari Jones : Un Mariage américain

tayari jonesTayari Jones, née en 1970 à Atlanta, est une romancière américaine. Originaire de Géorgie, Tayari Jones intègre l'Université de l'Iowa où elle prépare une maîtrise en langue anglaise. Elle rejoint ensuite l’Université de Géorgie puis s'inscrit en Master of Fine Arts à l'Université d'Etat de l'Arizona. Un Mariage américain son quatrième roman mais le premier à être traduit en français vient tout juste de paraître.

En Géorgie. Roy et Celestial, jeunes mariés afro-américains issus de la classe moyenne, ont un bel avenir devant eux. Lui est un commercial et elle une artiste dont la réputation commence à prendre de l’ampleur. Tout devrait leur sourire mais patatras, Roy se voit accusé de viol et condamné à douze ans de réclusion. Libéré au bout de cinq ans pour « erreur de procédure », Roy revient à Atlanta mais entretemps Celestial a trouvé du réconfort auprès d’Andre, son ami d’enfance…

Les premières pages de ce bouquin dont je ne savais rien m’ont emballé, une écriture vive et simple à lire, des réflexions mordantes (« A en croire les journaux il y avait pénurie d’hommes noirs, malheureusement les femmes de mon entourage n’avaient pas l’air au courant. ») bref, je m’imaginais… or, s’imaginer est une très mauvaise façon d’aborder un roman.

Si on pose à plat le fond du roman, il est question de famille, de fidélité et de racisme, diable ! des thèmes bien puissants. La famille, ou plutôt les familles, celle de Roy et celle de Celestial recèlent leurs secrets bien trop lourds pour être avoués immédiatement ; la fidélité, elle prend différentes formes, certes Roy n’est peut-être pas sans taches mais son amour profond pour son épouse est absolu, et puis il y a cette fidélité ou loyauté, centrale ici, il est en prison pour un viol dont il est innocent, Celestial en est convaincue, mais le temps s’écoule inexorablement et sa solitude lui pèse alors quand Andre, l’ami d’enfance, apporte  réconfort et sollicitude… que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre. Enfin il y a le racisme, cette condamnation pour viol, genre délit de sale gueule, en est la preuve flagrante.

La construction du roman alterne les points de vue de Roy, de Celestial et d’Andre, et un long chapitre livre la correspondance entre les deux époux lors de son incarcération (et là, un coup de théâtre lié à la famille de Roy s’avère vraiment too much pour moi).

Je vous laisse découvrir par vous-même les ressorts psychologiques, les aléas sentimentaux et les questions existentielles qui vont se poser pour les différents protagonistes mais sachez néanmoins que l’épilogue restera optimiste, même si ce n’est pas celui prévu par Roy, « Je suis satisfait de ma vie, même si ce n’est pas celle que j’imaginais. »

Le roman n’est pas mauvais, c’est sûr, et il se trouvera un large public d’autant – et là petite vacherie en passant – qu’il a enchanté Oprah Winfrey et Barak Obama, mais moi il me laisse sur ma faim. J’ai trouvé le texte bien trop middle of the road : si le racisme est cause du malheur de Roy, il n’est pas plus évoqué que cela, les personnages seraient blancs la problématique serait la même, et les rapports entre les uns et les autres (les époux, les parents etc.) restent assez conventionnels sans la puissance ou le souffle des grands romans. Donc, un bon roman mais sans plus.


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