Doomsday Clock #10

Avec moult retard, le dixième chapitre de Doomsday Clock de Geoff Johns et Gary Frank arrive enfin afin de nous dévoiler les coulisses de la construction de l'univers DC, le métaverse.

Avec autant de retard, il est difficile de se plonger convenablement dans chaque épisode de Doomsday Clock et, c'est fort dommage.

La saga de Johns et Frank a pourtant beaucoup de mérites mais la complexité de la narration et les partis pris narratifs (les pages de 3 cases sur 3 et l'introduction de ce numéro, par exemple) rendent parfois la reprise hermétique. Certes, la lecture en album rendra le tout bien plus agréable, sans se poser la question que je me pose à chaque épisode : est-ce la révélation tant attendue aura l'impact promis sur l'univers DC comme il était prévu initialement ?

En effet, d'un point de vue éditorial, il y a eu beaucoup de changements chez DC Comics. Suite au ratage de Justice League au cinéma, Geoff Johns qui portait le bébé, a dû quitter sa place à l'édito (alors que son autre progéniture, Aquaman, a été un franc succès). Dan Didio et Jim Lee, seuls maîtres à bord de DC, ont fini par nommer Scott Snyder grand architecte de leur univers en charge, donnant aussi beaucoup d'importance à Tom King et Brian Michael Bendis. Là où Doomsday Clock devait être l'événement, il s'agit maintenant d'une maxi-série presque en marge du reste. Il ne serait pas étonnant que bientôt on nous explique que cela se passe sur une autre Terre du multivers et que l'album tant attendu soit publié sur l'imprint Black Label.

Cette impression de voir l'idée de base de Geoff Johns diminuée par l'éditeur est intensifiée par l'histoire contée tellement elle ressemble à un chant de cygne, ou tout du moins une lettre d'amour avant un grand départ. Le scénariste profite alors de l'événement afin de nous expliquer comment selon lui fonctionne le multivers de DC qui, à la différence de celui de Marvel, n'a pas de fonctionnement expliqué : il existe, point barre. Là, Johns nous explique à travers Superman comment cette suite de Terres existe via une analogie entre les créateurs de comics et Dr Manhattan, chacun mettant Superman dans un nouveau contexte et voyant comment cela évolue.

On sent que l'épisode devait sortir pour les 80 ans de Superman - l'année dernière - puisque Johns retrace l'évolution de ses origines enchaînant les références au Superman du Golden Age, à Man of Steel de John Byrne, ou encore à Birthright de Mark Waid et Leinil Francis Yu. Le scénariste de Doomsday Clock donne ainsi sa vision du DC Universe montrant ce qu'il a tenté de faire toutes ces années - malgré les changements de plan au fil de ces dernières années. Je trouve ça passionnant et rudement malin parce que cela ne change pas fondamentalement les aventures que nous suivons ces dernières années, cela rend hommage aux différents Elseworlds que nous avons toujours aimés chez DC, et cela apporte un grand plus à la cohérence globale du Multivers - ou Métaverse. Tout cela arrive à faire la jonction entre les univers pré-Crisis, post-Crisis et New 52 sans pour autant foutre un bordel sans nom.

En tout cas, cette lettre d'amour de Geoff Johns a DC qui me plaît tant. Il arrive à mettre en avant toute la richesse qu'offre cet univers iconique. Très clairement, il doit être fier d'avoir été l'architecte d'un tel édifice et, si Doomsday Clock, est sa dernière pierre à celui-ci, il peut l'être.

Doomsday Clock #10


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