Le livre du vendredi : L’Enchanteur

Le livre du vendredi : L’Enchanteur

de Stephen Carrière

Moh, Daniel, David et Jenny forme une petite bande d’amis très soudés. Au lycée, ils ne seraient pas très populaires si leur groupe n’était pas mené par Stan dit L’Enchanteur. En effet, ce dernier a la réputation de régler les problèmes des autres, quels qu’ils soient : avec de petits riens, il change la réalité. Et cette année, il veut se surpasser : il compte accomplir un miracle, son plus grand chef-d’oeuvre ! Mais le temps presse…

Pour être franche, je ne sais pas trop quoi penser de cette lecture. Il y a beaucoup de choses dans ces pages, trop peut-être.

Chaque personnage du roman est travaillé avec soin : chaque caractéristique qui le compose est scrupuleusement choisie. Au point que ça se voit. On croise un panel de personnages très hétéroclites : actuels, politiquement corrects mais avec une pointe d’exotisme ou de bizarrerie, toutes les origines ethniques sont représentées, toutes les couches sociales aussi. Mais on sent toujours le soucis de ne pas faire trop cliché alors on voit quand l’auteur fabrique un clash pour sortir des stéréotypes. Rien que la petite bande de Stan est un peu too much tellement tout y est représenté : l’homosexualité, le cancer, le génie, l’amitié multiraciale, le mélange des castes sociales… C’est sympa d’avoir voulu donner une place à tout le monde mais, du coup, ça part un peu dans tous les sens, je trouve. On a du mal à y croire.

L’intrigue est assez complexe et, pareil, veut tout aborder : l’hyper-actualité (terrorisme, manipulation médiatique, groupuscules politiques et complots), le fantastique, l’ésotérique et l’étrange, la sick-lit, la littérature classique et le théâtre, l’enquête, l’adolescence. D’un certain côté, Stephen Carrière arrive a bien mélanger tout ça car on lit se roman très aisément et on a envie de savoir comment ça va finir mais, d’un autre côté, ça part encore dans tous les sens.

Ce que j’ai aimé de façon certaine, par contre, c’est le parti pris de la narration. C’est Moh qui nous raconte l’histoire et, transparent dès le départ, il nous dit qu’il a interprété et inventé parfois, lorsqu’il n’était pas réellement témoins des scènes qu’il retranscrit. Il intercale des réflexions sur l’écriture entre les chapitres aussi. Il y a ici un travail sur l’art d’écrire qui est bien plus subtil que les gros mécanismes que je décris plus haut.

C’est une lecture entraînante que j’ai dévoré, je dois l’avouer, mais je n’ai pas adoré… aller, je la fais : c’est une lecture qui ne m’a pas enchanté (de rien, c’est gratuit !).

Marion

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