Tout va bien

Chronique « Tout va bien »

Scénario et dessin de CHARLIE GENMOR

Public conseillé : Ado / Adultes

Style : Roman Graphique autobiographique
Paru le 20 mars 2019 aux éditions Delcourt,
240 pages couleur
Prix 18,95 euros

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Ça commence comme ça…

À tout juste vingt ans, Ellie réalise avec effrois qu’elle n’est jamais sortie avec un garçon. C’est pourquoi un soir elle se décide à accepter la première proposition qui lui sera faite. Comme le hasard fait bien les choses, c’est justement cette soirée-là que choisit son camarade de classe Archimède pour lui dévoiler ses sentiments. Seulement entre la timidité du jeune homme et le manque d’entrain d’Ellie le couple va connaître des débuts difficiles.

Ce que j’en pense

Bolobolo

« Tout va bien ». Qui ne s’est jamais répété cette phrase en boucle pour s’auto persuader qu’une situation n’était pas si terrible qu’elle ne l’était ? Et bien, c’est le cas d’Ellie dans cet album. Charlie Genmor aborde ici avec beaucoup de subtilité le mal-être que certains jeunes adultes peuvent ressentir au sortir de l’adolescence. Un sujet que l’auteur connaît bien puisque “tout va bien” retrace un pan de sa vie où il n’avait pas encore réussi à mettre un nom sur ses angoisses les plus profondes. Cet album c’est une leçon de vie pour ne pas dire de courage. En effet, entre un secret qui la ronge, une famille compliquée et des dépressions chroniques qui lui bouffent l’existence, Ellie aurait pu choisir la facilité et se foutre en l’air. Pourtant, la jeune femme a décidé un beau jour de combattre ses démons. Une rencontre aura suffi, un jeune homme qui lui ressemble beaucoup plus qu’elle ne le pense puisqu’aujourd’hui Ellie est devenue Charlie Genmor

L’auteur nous retrace donc son parcours à la manière d’un roman graphique à la première personne. Cependant, il réussit l’exploit de garder une certaine distance, un détachement qu’il image parfaitement dans une scène où les deux tourtereaux cherchent à faire l’amour et où Ellie sort littéralement de son corps pour s’abstraire de cette “épreuve”. De plus, le choix d’une colorisation majoritairement bleu pastel, en plus d’être du plus bel effet, apporte un côté onirique aux dessins ce qui exemplifie encore cette impression.

Voilà donc le deuxième point fort de l’album, le sens exacerbé de la métaphore visuelle de Charlie Genmor. Toutes les angoisses de l’héroïne nous sont rendues grâce à des images simples, mais fortes. Ainsi, lorsqu’Ellie ment aux autres sur ses émotions nous lui voyons un masque qui lentement s’effrite au fur et à mesure que sa pression intérieure se fait plus forte.

Vous l’aurez donc compris, je ne saurais que trop vous conseiller cet album. Même si je lui ferais deux (tout) petits reproches.
Le premier est qu’il est très frustrant de ne pas savoir comment a évolué la relation entre les deux personnages principaux suite à la décision de l’auteur de devenir transgenre (peut-être dans un deuxième tome ?)
Le deuxième est que le troyen que je suis a été blessé dans son amour propre ! Non, Monsieur Genmor, on ne s’ennuie pas à Troyes ! À bon entendeur…  


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