Peau-de-mille-bêtes

Chronique « PEAU-DE-MILLE-BÊTES »

Scénario, dessin et couleur de STÉPHANE FERT

Public conseillé : Ado/aultes,

Style : Conte
Paru le 27 mars 2019 aux éditions Delcourt
17,95 euros

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Ca commence comme ça…

Dans une sombre forêt, un jeune homme cherche à retrouver la princesse. Il est attaqué par les “conseillers du roi” qui sont devenus monstrueux suite à une malédiction… Ces derniers lui arrachent un oeil, mails il s’enfuit grâce une corneille qui parle. L’oiseau l’emmène au “Château des insectes”, un lieu magique aux frontières de l’imagination pour rencontrer sa maîtresse, la bonne fée Margot (qui ressemble à une sorcière) !!!
Contre l’oeil qu’il a déjà perdu et de l’or, elle prépare une potion qui lui révèle une histoire, celle de “La belle et le coléoptère” : Il était une fois une bergère qui vivait près d’ici. Comme elle était très belle, elle attirait tous les regards. Un jour elle rencontra le roi de la la sombre forêt qu’on appelait… Le Roi Lucane !

Ce que j’en pense

Vous aimez les belles histoires sombres ? Vous aimez les peintures et illustrations classiques, les couleurs qui vous plongent dans des ambiances glacées ou torrides ? Les monstres et les mauvais sorts ? Bienvenue dans le monde magique de Stéphane Fert. Après sa magnifique relecture de la légende arthurienne (“Morgane” avec Sion Ansara au scénario), le revoici seul aux commandes de sa nouvelle folie graphique “Peaux de Mille bêtes”. Ce récit, très inspiré de « Peau d’Ane” est un conte pour adultes onirique, mais traité de façon moderne, avec beaucoup d’humour et de décalage.
Dans la sombre forêt, le roi Lucane rêve de la belle Bergère. Quand cette dernière meurt, il transfère son amour sur sa propre fille. A défaut de posséder cet amour interdit, il la couvre d’une sombre robe faite de “peaux de mille bêtes” et d’une atroce malédiction. Les hommes qui l’approchent deviennent des proies pour la belle !!! Mais comment fera le jeune page de son coeur pour revoir la belle et l’étreindre sans risquer la mort ?

Comme il se doit dans un conte, le récit est assez simple mais intègre des thèmes psychologiques. Les rapports de séduction et les rôles de chacun, l’interdit de l’inceste bien entendu et la violence des hommes, autant de perles incrustées dans ce tissu d’histoire.
Les dialogues dynamisent le conte. Traités avec humour, ils rendent le récit moderne et drôle.

Et puis il y a le visuel de Stéphane Fert. Inspiré par la peinture « naïve” (Gaugin) et l’illustration, son dessin explose en aplats de couleurs. Il joue avec les masses de lumières pour nous immerger dans des ambiances colorées tout en camaïeux. Le résultat est captivant. J’avais ressenti cette impression de fausse simplicité sur son précédent album “Morgan”. Avec “Peaux de mille bêtes”, l’émotion perdure. Sous son pinceaux, les corps s’exposent. Grands yeux et formes sensuelles amplifiées, la féminité de la belle et sombre dame emplit l’espace des cases. On en sort ébloui par autant de beauté, de grâce et de peur. En somme, un conte pour adultes qui remplit totalement son but : nous faire frémir, réfléchir et s’extasier…

Peau-de-mille-bêtesCette chronique fait partie de la « BD DE LA SEMAINE ». Réunion chez Moka, cette semaine.


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