Lucien et les mystérieux phénomènes – tome 1 – L’empreinte de H.Price

Chronique « LUCIEN ET LES MYSTÉRIEUX PHÉNOMÈNES – tome 1 – L’empreinte de H.Pricee »

Scénario de DELPHINE LE LAY, dessin et couleur de ALEXIS HORELLOU

Public conseillé : Jeunesse,

Style : Aventure fantastique
Paru le 3 avril 2019 aux éditions Casterman
16 euros

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Ca commence comme ça…

Lucien, sa sœur et ses parents sont en route vers une nouvelle maison dans un petit village breton. Les parents, citadins, ont décidé de partir vivre à la campagne, pour être plus proche de la nature. Lucien n’est pas le plus heureux du monde depuis cette annonce. À peine arrivé, ses parents l’envoient à l’épicerie du village acheter de quoi manger ce midi. Accompagné de sa sœur Violette, habillé de sa tenue de chasseur de fantôme, il se rend au village. Honoré, l’épicier, les reçoit avec une histoire ahurissante de fantômes… Il leur raconte que dans la maison en haut de la falaise est mort un vieux docteur. Celui-ci est enterré au bout de son jardin, debout, face à la mer. Il leur déconseille vivement de s’y rendre. La rentrée scolaire ne se passe pas au mieux pour le jeune garçon. Les jumeaux Philippe et Patrick lui mènent la vie dure. Lors d’un pari stupide, Lucien doit se rendre dans la maison hantée…

Ce que j’en pense

“Lucien et les mystérieux phénomènes” est une histoire à double lecture. Il y a d’abord le récit d’aventure avec la chasse aux fantômes. Elle fait frémir. Puis, quant on creuse, on trouve une belle ode à la nature et à la manière de la protéger. Et oui, le “fantôme” n’est autre qu’un homme qui a voulu s’éloigner des êtres humains trop enclins à détruire ce qu’il y a de plus beau et qui pour cela le prenaient pour un fou ! A l’approche de ce drôle de bonhomme, Violette va se rendre compte qu’avec un beau jardin et presque rien, on peut se faire beaucoup de bien. L’utilité de certains insectes, comprendre que s’ils ne sont plus là, ben nous non plus.
A la fin de l’ouvrage, il y a un petit carnet avec des idées créatives pour s’amuser et se passer d’acheter… Se passer d’acheter tout et n’importe quoi, en tous les cas pleins de trucs dont on a vraiment pas besoin.

Delphine Le Lay et Alexis Horellou n’en sont pas à leur premier ouvrage ensemble. Si je dois retenir un autre coups de cœur de ce tandem, c’est sans aucun doute “Ralentir” sorti en 2017 aux éditions Le Lombard. J’y ai découvert cette belle couleur orange, qu’Alexis a l’air de tant aimer et je lui donne raison ! J’y ai également découvert une histoire positive qui m’a donné à réfléchir sur ce qui a vraiment de l’importance dans la vie.

J’ai suivi le travail d’Alexis Horellou sur sa page Facebook. Chaque fois qu’il a posté une planche, j’étais ravie et subjuguée par la mise en page de ses illustrations. J’avais hâte que cet album sorte et que je puisse enfin le tenir dans mes mains. Si je ne connaissais pas encore le contenu de l’histoire, je m’attendais déjà à quelque chose d’extrêmement beau. Je ne suis en rien déçue. Le récit est à la hauteur du dessin. Ce que je relève surtout, c’est que depuis quelques années le découpage des planches dans la bande dessinée a beaucoup évolué. Quand j’était plus petite, les BD que je lisais avec en majorité le même format et un découpage plutôt classique. Carré, rectangle, case après case, bien découpé, bien aligné. Maintenant la fantaisie prend le dessus dans bien des albums, tel “Les fleurs de Grand frère” ou dans “Elma, une vie d’ours”. Un florilège de mise-en-page différentes. Avec Lucien, c’est tout à fait magique. Je passe de la page classique à des pages aux cases de travers. Puis de belles pages avec de jolies enluminures, comme j’en voyais dans des livres anciens ou dans un livre de contes russes que j’ai lu et relu enfant, sorti aux éditions Seuil jeunesse et illustré par le grand Ivan Bilibin. Et enfin des pages sans textes, qui parlent par leur silence…
Le monde de la bande dessinée évolue. Si parfois je trouve que certains sujets reviennent trop souvent et manquent d’originalités, dans la BD jeunesse je vois un réel renouvellement autant dans les scénarios que dans l’illustration. 30 ans de bonheur dans le monde de la bande dessinée, avec des titres comme celui-là, je me vois bien partie pour 30 ans de plus…


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"J'adorais mon père quand j'étais encore un être humain. Puis il est mort, j'avais faim, puis ça a été le bateau. Puis rien. Puis l'Amérique. Puis John Cole. John Cole était mon amour, tout mon amour était pour lui".