Les dévastés - JJ Amaworo Wilson

Les dévastés - JJ Amaworo Wilson « Ce sont tous des désaxés. Des ex-drogués. Des ex-alcooliques. Des malades mentaux. Des nécessiteux. Des infirmes. C’est ce que nous sommes. »
Les dévastés partirent à 600 et finirent bien plus nombreux. A leur tête Nacho l’estropié. Un boiteux qui les mena jusqu’aux portes d’un gratte-ciel abandonné de soixante étages dans la mégalopole de Favelada. Pour s’y installer ils durent chasser des loups puis faire face à un déluge, à des nuées de moustiques et à une armée corrompue. Leurs rangs ne cessèrent de grossir, la communauté ne cessa de lutter pour sa liberté dans un combat que chacun pensait perdu d’avance. Protégés par la figure tutélaire de Nacho, prophète malgré lui, ils s’obstinèrent, envers et contre tout. « Des dévastés. Au plus bas de l’échelle. Sicaires. Agresseurs au couteau. Assassins. Bandits. A la détente facile, au regard froid. Des impies, des sans-logis à la botte d’un éclopé. »
Une odyssée épique, picaresque, traversée par le souffle du réalisme magique latino-américain. JJ Amaworo Wilson, anglo-nigérian vivant aux États-Unis, signe un premier roman plein d'humanité,  ambitieux et maîtrisé. Nacho, son frère Emil, le chinois qui n’en est pas un et tous les dévastés forment une galerie de personnages attachants aux personnalités et aux parcours complexes. On alterne les moments d’action, les échanges quasi philosophiques, les pauses méditatives et les intrusions d’éléments fantastiques. Ça pourrait tourner au foutoir mais c’est au contraire très structuré, parfaitement charpenté. On frémit, on sourit, on s’émeut, on pleure ou on souffre, on vit quoi !
Il y a bien sûr un petit quelque chose d’utopique dans cette improbable aventure. Mais les coups durs ont beau s’enchaîner, l’espoir demeure et force est de constater que le chemin des dévastés jusqu’à la terre promise de leur tour de Babel en ruine est un superbe exemple d’abnégation et de force collective. Un excellent premier roman, aussi abouti que surprenant. 
Les dévastés de JJ Amaworo Wilson (traduit de l’anglais par Camille Nivelle). Les éditions de l’Observatoire, 2019. 400 pages. 22,00 euros.


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