Peleliu : Guernica of Paradise, tome 1 – Kazuyoshi Takeda

Peleliu : Guernica of Paradise, tome 1 – Kazuyoshi Takeda

Quatrième de couverture

« Été 1944, à la fin de la Guerre du Pacifique, la section de Tamaru est en poste sur l’île de Peleliu. Ce simple soldat rêvant de devenir un jour mangaka y découvre un paradis, recouvert de verdure et entouré d’une mer turquoise préservée par son récif corallien. Un paradis qui va se transformer en un infernal champ de bataille, où vont s’entretuer 50 000 soldats, japonais et américains, autour d’un aéroport alors considéré comme stratégique. L’armée américaine expédiera 40 000 militaires d’élites, tandis que l’armée japonaise fera front avec une réserve de 10 000 soldats, ayant reçu l’ordre de résister jusqu’au dernier.
Voici un document vérité sur le terrible quotidien d’une jeunesse détruite par la guerre. »

Mon avis

Je tiens tout d’abord à remercier Babelio et les éditions VEGA pour l’envoi de ce livre dans le cadre de la masse critique de décembre.

En résumé

Les points positifs : une histoire très intéressante, des détails macabres mais nécessaires, des personnages auxquels on s’attache, une mise en scène réaliste.

Les points négatifs : aucun, à mes yeux.

Une leçon d’Histoire

L’Histoire me passionne. J’essaie d’en apprendre le plus possible sur les personnages, les dates ou les lieux historiques et la guerre du Pacifique est quelque chose qui m’intéresse particulièrement, mais je n’ai pas souvent l’occasion de l’étudier. Encore moins du point de vue d’un soldat japonais. Alors quand j’ai vu Peleliu dans la liste de la masse critique, je n’ai pas hésité à le choisir et… oh, comme j’ai bien fait ! J’avais déjà lu des lettres de soldats allemands, pour découvrir la guerre de l’autre côté, mais jamais je n’avais ce conflit du point de vue d’un combattant japonais. J’avais donc une vision un peu caricaturée (en gros, c’étaient tous des kamikazes qui n’hésitaient pas à se sacrifier pour la gloire de l’empereur). Peleliu m’a fait revoir mon jugement et surtout, m’a appris beaucoup de choses.

Un protagoniste touchant

Ce manga se concentre sur Tamaru, un simple soldat qui a été envoyé sur l’île de Peleliu afin de la protéger d’une invasion américaine. C’est un combattant, certes, mais il est loin d’avoir l’esprit guerrier. Il veut bien se battre pour son pays, mais il est plutôt concentré sur le paysage qui l’entoure et sur les histoires qu’il pourra raconter dans ses prochains mangas quand il rentrera chez lui. Car oui, il compte bien rentrer chez lui. Il a du mal à s’imaginer qu’il peut mourir, qu’ils peuvent tous mourir. La réalité le frappe de plein fouet quand son ami et camarade perd brutalement la vie. À la suite de cet événement, Tamaru va se charger d’une mission très importante pour l’armée et pour le moral des familles, au Japon. Mais il reste tout de même un soldat et quand le chaos s’installe après l’arrivée des troupes américaines sur les côtes, Tamaru va connaître l’horreur et voir des scènes qu’il n’aurait même pas pu imaginer dans le plus horribles des mangas…

Je n’ai pas pu m’empêcher de m’attacher à Tamaru. Dans les livres qui traitent de la guerre, j’essaie toujours d’éviter, car on sait très bien que le héros a une chance sur deux de survivre. Mais le fait que ce soldat si jeune et si rêveur soit lancé en première ligne, alors qu’il ne se rend même pas compte qu’il peut mourir, le rend encore plus touchant. Quand il comprend que la mort peut frapper n’importe qui, n’importe quand, on en a presque les larmes aux yeux. Lorsqu’il entend ce soldat américain appeler sa mère, on voit qu’il comprend clairement que ces individus ne sont pas différents des japonais. Ils sont censés se battre jusqu’à ce que mort s’en suive, mais ils ne le font pas pour eux, ils le font car on leur a ordonné. Jusqu’à maintenant, c’est ainsi que je percevais les américains, mais pas les japonais. Comme je ne m’étais jamais intéressé à la guerre de leur point de vue, je les imaginais vraiment comme les « méchants » de la guerre du Pacifique, comme des fous qui n’avaient même pas peur de la mort. En fait, tous les soldats sont les mêmes. Ils sont là parce qu’on les y oblige et c’est tout.

Une mise en scène funeste

Dès les premiers bombardements américains sur l’île de Peleliu, des japonais périssent. Évidemment, l’auteur aurait pu simplement écrire que des soldats étaient morts, mais non. Il a fallu qu’il dessine un pied, déchiqueté, toujours dans une botte, mais sans son propriétaire. L’image est frappante. C’est la guerre et l’horreur est omniprésente. C’est, certes, macabre, mais je pense que c’est nécessaire. Ce manga nous fait comprendre ce qu’est la guerre, nous fait comprendre à quoi cela ressemble de voir des morceaux de ses amis étalés sur des kilomètres, de regarder quelqu’un se faire tirer dessus, de voir une moitié de visage arrachée, de perdre ses amis un par un. Peleliu nous plonge au cœur du conflit. C’est impressionnant, d’une part car cela montre à quel point l’auteur est talentueux, et d’autre part car on ressort différent de cette lecture. On a, nous aussi, la nausée, les larmes aux yeux, l’envie que ça cesse. Mais si pour nous, l’histoire s’arrête après ces quelques pages, elle continue pour Tamaru et ses compagnons. Peleliu est effectivement une saga et je lirai sans aucun doute les tomes suivants. Je vous conseille d’en faire de même !

Peleliu : Guernica of Paradise, tome 1 – Kazuyoshi Takeda

Citation

Mère, j’ai enfin compris une chose. Nous sommes sur un champ de bataille. Je pourrais moi aussi mourir, comme eux.

Peleliu : Guernica of Paradise, tome 1 – Kazuyoshi Takeda

N’aie pas peur de mourir ! Si tu dois avoir peur… Alors tremble de voir le Japon disparaître ! La paix pour nos familles dépend de notre combat ici et maintenant !!

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