Les repentirs · Marc Séguin

Les repentirs · Marc Séguin
«Les pages qui suivent renferment trois récits inspirés de moments marquants dans la vie de l’auteur. Peut-être s’y glisse-t-il une part d’invention. Peut-être pas.» C’est ainsi qu’est présentée la collection III, créée et dirigée par Danielle Laurin. Deux titres inaugurent cette nouvelle collection: Ce qui restera de Catherine Mavrikakis et Les repentirs de Marc Séguin.Les repentirs · Marc SéguinJ’aime Marc Séguin. Peintre, auteur, cinéaste: c’est un artiste complet, accompli. Authentique. Brut. Ses toiles me fascinent. J'ai ensuite découvert ses romans: La foi du braconnier, Hollywood, Nord Alice

Et maintenant, ce récit: Les repentirs. Trois courts textes, trois bouts de vie. Marc apprend le métier de vivre, cherche du sens, fouille ses zones d'ombre, se plie à la game sociale pour être conforme et ne pas être à l'écart du troupeau. Souffrant d’une «défaillance de sentiments», il est dépourvu d’émotions.Autiste? Un peu, assurément.Daltonien, aussi. Entouré d'une mère aimante, d'un père fantôme, d'une gang de chums avec qui il passe les jours, et de la belle Arielle qui n'est jamais loin. 

Une jambe cassée au hockey et c’est un rêve qui s’éteint. Marc se met à lire et à dessiner. Arielle, cette enfant, puis femme phare, est son ombre enveloppante. Le peintre se fait connaître et file à Brooklyn rouler sa bosse. Il revient en ville pour Arielle et se marie avec elle. La mort rôde... La rage, aussi.

·  ·  ·         ·  ·  ·         ·  ·  ·Les repentis lève le voile sur la vie d’un homme. Sa complexité, sa noirceur, sa créativité. Tout le long de ma lecture, un malaise persistait: où est la vérité, ici? Étant une autofiction, je me suis demandée tout du long qu’elle était la part de réalité et de fiction.

Marc a-t-il côtoyé le fantôme de sa mère? A-t-il achevé son chien souffrant? A-t-il mis des cinq cennes sur la track de chemin de fer? A-t-il aimé Arielle? 
Beaucoup de questions sans réponses. Le besoin de démêler la part de fiction dans tout ce réel est devenu quasi obsédant. Le flou ménerve et le malaise persiste. Finalement, jai comme limpression que cest la prémisse de base de la collection qui me dérange: ce mélange de fiction et de réalité qui laisse songeur. Une troublante expérience de lecture, que je ne peux tout de même mempêcher de recommander. 

Les repentirs, Marc Séguin, Québec Amérique, coll. III, 160 pages, 2017.

© Marc Séguin

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