Les pissenlits par la racine • M. C. Beaton

pissenlits racine Beaton

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Éditions Albin Michel, 2021 (301 pages)

Ma note : 11/20

Quatrième de couverture …

Branle-bas de combat à Carsely ! Un grand propriétaire terrien veut transformer le jardin communautaire en lotissement. Les villageois, révoltés, ont à peine le temps de se mobiliser que le nom du millionnaire apparaît dans la rubrique nécrologique du journal local. Soulagement : l’héritier, son fils, annonce qu’il renonce au projet. Stupéfaction : on découvre que feu lord Bellington a été empoisonné. Il n’en faut pas plus à Agatha pour se lancer dans l’enquête, avec l’aide de Gerald, un beau détective fraîchement retraité… Mais voilà qu’une deuxième victime est retrouvée en train de manger des pissenlits par la racine et que Gerald s’avère être un coureur de jupons invétéré ! Agatha est sur tous les fronts…

La première phrase

« Agatha Raisin, détective privée, aurait dû être une femme comblée. Elle possédait un joli cottage à Carsely, ravissant village des Cotswolds. »

Mon avis …

Depuis ma lecture de La quiche fatale (en 2017), toute première enquête mettant en scène la truculente Agatha Raisin, j’apprécie retrouver l’univers réconfortant des Cotswolds. Les cottages coiffés d’un toit de chaume, les retrouvailles au pub ou encore les commérages entre voisins : M. C. Beaton nous décrit le quotidien des villages anglais, avec toute une galerie de personnages secondaires que l’on se plaît à retrouver au fil des romans. Il y a bien sûr Bill Wong, le policier, mais aussi l’adorable Mrs Bloxby, la femme du pasteur, ou encore sir Charles Fraith qui fait des allers-retours dans la vie amoureuse de notre héroïne. Ces quelques ingrédients font tout le sel de cette série étiquetée cosy mystery.

Il y a cependant un bémol. Depuis quelques temps déjà, j’observe des schémas narratifs qui se répètent mais surtout une grande inégalité au niveau des intrigues. Aussi, après avoir apprécié Secrets sur canapé (Aggie était tout de même aux prises avec un tueur en série !), je ressors déçue de ce nouvel opus. Les pissenlits par la racine me laisse sur un arrière-goût de déjà-lu, et son intrigue ne fera pas date dans ma mémoire. Je pense dorénavant pouvoir dire que je préfère les premiers tomes de la série. L’humour y avait davantage sa place. Et j’avais toujours l’espoir que notre héroïne tire un trait sur son histoire d’amour ratée avec James Lacey, oui, mais parvienne à trouver un tant soit peu de stabilité sur le plan sentimental. Or cela tourne en rond encore une fois. On sent que l’autrice tente de nous proposer quelques petites surprises (je pense notamment à la métamorphose physique de Mrs Bloxby). Malheureusement, d’un roman à l’autre, l’idée retombe souvent comme un soufflé au lieu d’être davantage exploitée.

L’intrigue des Pissenlits par la racine démarre par l’installation d’un nouveau venu à Carsely : ancien policier, Gerald Devere fait tourner les têtes. Agatha Raisin n’y voit que du feu, tout en jalousant son amie Mrs Bloxby qui semble remporter les faveurs de notre Apollon désormais à la retraite. Pour se consoler, notre détective à talons hauts préfère donc se concentrer, entre deux gin-tonics, sur le récent empoisonnement de lord Bellington. Peu apprécié au village, celui-ci envisageait de détruire des jardins ouvriers afin de réaliser un projet immobilier. Fort heureusement, son fils et héritier s’empresse d’annuler la chose. Ce qui n’empêchera pas la venue d’un deuxième meurtre…

M. C. Beaton nous propose ici de nombreux suspects plausibles. Entre la vieille fille qui sait tout, les militants anti-chasse furibonds et les enfants Bellington qui semblent présenter des troubles psychologiques, il y a de quoi faire. Le concours de légumes et le vol d’une courge offrent quant à eux une petite pointe d’humour, ce qui manquait réellement depuis plusieurs opus.

Je n’ai cependant pas été séduite pour un sou par cette enquête policière. La faute à des répétitions, à quelques invraisemblances mais surtout à un final comme sorti du chapeau. Il me reste encore trois enquêtes à découvrir (Chasse aux sorcières ; Sonnent les cloches et Bonnet d’âne) pour celles rédigées par M. C. Beaton avant que R. W. Green reprenne la main. J’espère qu’elles feront partie des bonnes surprises de cette série. Si ce n’est pas le cas, il me restera toujours le plaisir de me mettre à l’heure anglaise le temps de quelques pages.

Extraits …

« – Quelle journée ! Dieu merci, il n’y a pas tant de cinglés à la campagne.
– Parce que tous ces gens qui s’entretuent, tu trouves que c’est normal ? »


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