Fièvres rouges

Je remercie les Editions Plon  pour ce nouveau titre.

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Judith Rocheman

Biographie de l'auteure


Judith Rocheman est née en Essonne en 1981 et vit aujourd'hui près d'Étampes. Petite fille de l'humoriste Lionel Rocheman, et nièce du pianiste de jazz Manuel Rocheman, elle est professeure de Français depuis 2005. Elle anime également un atelier théâtre pour lequel elle a écrit plusieurs comédies. Fièvres rouges est son premier roman. --Ce texte fait référence à l'édition paperback.

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Présentation de l'éditeur

Julia Guzmán, fille d'un républicain espagnol mort pendant la guerre civile, agit avec la même ferveur qui habitait son père autrefois. Il lui a légué la mission de ne jamais faiblir dans la lutte contre le fascisme. C'est donc avec détermination qu' elle s' engage au lendemain de la guerre dans la cellule communiste de la place d' Italie pour porter les idées du camarade Staline. Elle est accueillie par un certain Sergueï
Dimitrov, membre très actif du Parti, mais malgré les tentatives de ce dernier pour la séduire, c' est de sa femme, Émilie, dont Julia se sent proche. Une idylle secrète naît dans ce monde d'hommes où les femmes n'ont pas leur place.
Dans l'intimité de ce trio sous haute tension, une autre guerre froide se joue. Un combat secret et sans arme qui pourrait bien ébranler les convictions les plus fortes de Julia...
Un premier roman qui livre une vision féminine, juste et poignante du militantisme des années 50, annonciateur du réveil du deuxième sexe.

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Ma chronique : 

Un premier roman fiévreux et passionné qui se situe dans les années 50. Avec le personnage flamboyant de Julia Guzman qui porte comme un étendard ses convictions politiques tout comme son père avant elle. Républicain espagnol tombé pendant la guerre civile. C'est tout naturellement qu'elle prend sa carte au parti communiste à Paris et qu'elle s'enflamme pour Staline. Elle sera hébergée par le couple que forme Sergueï Dimitrov et sa femme Émilie. Entre les deux femmes vont se développer des sentiments amoureux. La vie à trois n'est pas de tout repos, tension, secret, l'atmosphère se charge d'électricité. Un roman immersif dans les années 50 où la condition féminine nous est révélée de manière très réaliste. L'intrigue nous emporte dans plusieurs pays au fil de la vie au sein du Parti. Une des forces du roman tient à la capacité de l'auteure à nous faire entrer dans l'Histoire avec un grand H sans que cela ne soit pesant.

Le petit père des peuples a le vent en poupe et le parti français est étonnant de naïveté même s'il est sincère. Bien entendu c'est facile de dire cela avec le recul, on apprendra plus tard les horreurs de la dictature dont il est le responsable en Union Soviétique.

J'ai aimé la relation amoureuse entre Julia et Émilie, traiter de l'homosexualité entre femmes et à cette époque donne une belle dimension au roman. Les femmes ont une place à part dans ce roman, elles sont fortes et savent ce qu'elles veulent. Il leur faudra au moins cela face au personnage détestable de Sergueï qui ne rate aucune occasion d'exercer sa perversité. Manipulateur sournois, traître il a maintenant devant lui deux femmes résolues à en découdre. C'est le début de l'émancipation féminine, les combats ne font que commencer pour l'obtention de droits comme celui de l'avortement qu'il faut encore et toujours défendre. Une lecture captivante. Bonne lecture.

Citations : 

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Tenaillé par la faim, le corps de Julia criait de toutes parts, oppressé par les crampes, et éprouvé par d’insoutenables maux de dos. Elle décida de soulager son envie d’uriner. Peut-être que d’autres douleurs s’en iraient avec elle. Tant pis pour son joli tailleur. Regardant le liquide s’écouler sous elle, la jeune femme sourit en se souvenant qu’elle avait retiré ses bas le matin même. Une intuition, sans doute.


— Tu t’inquiètes, c’est ça ? Je vois que la demoiselle a besoin d’être rassurée ! Pour tout te dire, ce sera mon dix-septième avortement. J’ai commencé en utilisant des aiguilles à tricoter pendant la guerre, faut dire qu’on n’avait pas accès à grand-chose, à cette époque, mais depuis peu, j’utilise une sonde. Et je n’ai jamais tué personne. Je suis infirmière à la Salpêtrière. C’est un avantage, parce que je peux me procurer en douce de la pénicilline et des curettes, au cas où… Je t’expliquerai tout cela en détail, de toute façon. Tu seras allongée sur le lit de la chambre du fond.

plon

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