Giuseppe Antonio Borgese : Les Belles

Giuseppe Antonio Borgese, Giuseppe Antonio Borgese (1882 - 1952) est un poète, romancier, nouvelliste, dramaturge et critique italien. Antifasciste virulent opposé au marxisme, il est aussi par son mariage avec Elisabeth Mann, le gendre de l'écrivain Thomas Mann. Les Belles, un recueil de dix-huit nouvelles datant de 1927, vient d’être réédité.

Amours, passions, hommes et femmes pris dans ces liens qui depuis toujours les unissent et/ou les séparent. Une femme se suicide par jalousie tandis qu’ailleurs, pour la même raison, c’est un homme qui épie sans relâche les moindres regards de son épouse ; pour une qui profite de l’absence de son mari pour tenter de retrouver un homme qu’elle connait à peine, c’est un autre qui souffre d’une épouse tyrannique. Le temps passe plus vite qu’on ne l’imagine, un homme aujourd’hui établi croise le premier amour de sa jeunesse, ou plus étrange, un autre qui tombe amoureux des mains d’une inconnue.

De beaux portraits de femmes qui le plus souvent doivent faire avec ou contre les règles de l’époque quand famille et société corsetaient les élans du cœur. On peut trouver des points communs ou un fil rouge entre toutes ces nouvelles tournant autour des jeux de l’amour et du hasard, mais le plus évident et le plus frappant, c’est l’écriture de Borgese. Une langue magnifique, toute de mélancolie, de pudeur pour évoquer des sentiments forts bien que délicatement dits, la lecture se poursuit comme dans un nuage et c’est très beau.

« Les Calumi, après avoir vendu la villa qu’ils avaient dans les Préalpes, migrèrent vers la mer, en quête d’un soleil plus généreux. Cependant la transplantation fut sans grand profit, comme pour des plants qui n’ont pas envie de reprendre racine. Même à la mer, les suivait, exsangue, le sentiment de vivre inutilement ; à moins que le but de la vie ne fût de contempler la vie, et de s’aimer, dans la solitude. Mais le monde d’aujourd’hui (nous l’entendons dire tous les jours) n’appartient pas aux contemplatifs ; et cela même, s’aimer, sans changement, toujours pareil, comme la respiration, ressemblait au beau fixe et au calme plat qui, sur notre mer, peuvent durer des mois, et font parfois désirer la tempête. » [Le Veuf]


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