Clifford D. Simak : Demain les chiens

Clifford D. Simak, Ray Bradbury, Isaac Asimov, Robert Silverberg, Clifford Donald Simak (1904-1988) est un auteur américain de science-fiction. Les origines modestes de ce fils de fermiers modèleront la plupart des personnages de ses romans. Ses thèmes favoris sont la nature et les robots anthropomorphiques. Son œuvre la plus connue est Demain les chiens (1952). Il est considéré comme faisant partie des écrivains de l'âge d'or de la science-fiction, au même titre que Ray Bradbury ou Isaac Asimov.

Recueil de nouvelles ou roman, difficile de trancher. Au départ il y a huit nouvelles, parues dans des magazines entre 1944 et 1951, puis à la demande d’un éditeur, ces textes complétés par un lien en feront un roman qui tient la route.

Examinons le plan ou la construction du livre : le roman se déroule dans un futur très, très lointain pour s’étaler sur plusieurs milliers d’années. Les huit textes se déroulent à une époque différente et sont présentés chronologiquement. Chacun d’eux est précédé d’une très courte introduction, une analyse très poussée ayant pour but d’en comprendre le sens car ceux qui donnent leur avis sont des intellectuels canins !

Les textes décrivent la lente extinction de notre monde et la disparition de l’être humain (A l’époque de leur rédaction, le souvenir de la bombe atomique sur le Japon est encore bien vivace), ce fameux futur lointain. Les intellectuels canins qui les examinent, eux, vivent à une époque encore beaucoup plus lointaine que ces écrits qu’ils compulsent, ils ignorent ce que sont les Hommes par exemple, d’où leur difficulté dans leurs analyse et les hypothèses qu’ils dressent. Mythes, légendes, contes racontés au coin du feu ou bien réalité historique, ils ont du mal à trancher. On savoure ces passages qui ressemblent comme deux gouttes d’eau aux discussions des scientifiques/archéologues et autres spécialistes des civilisations anciennes qui tentent de percer les mystères de leurs découvertes.

Quand débute le roman, les hommes désertent les villes pour aller vivre à la campagne, le progrès, les découvertes technologiques, tout ceci permet de s’affranchir de la ville ce qui modifie le mode de vie des gens. L’écrivain pour synthétiser l’homme, crée la famille Webster, hommes de pouvoir et de décisions, une lignée que nous suivrons durant plusieurs milliers d’années. A leurs côtés, Jenkins, le robot-majordome, la mémoire du clan, qui finira par s’identifier à eux et qui in fine, en sera le dernier maillon sur notre Terre.

Tout s’enclenche quand un Webster réussit à donner un embryon de parole à son chien, de fil en aiguille, de générations en générations, les Chiens vont se mettre à parler et les hommes découvrir leurs capacités insoupçonnées. Parallèlement ils s’expatrient vers l’univers et ses planètes, la conquête de Jupiter va leur octroyer des pouvoirs en faisant une sorte de Paradis. L’Homme déserte sa planète natale, les Chiens vont fédérer le monde animal autour d’eux et de leurs principes non-violents. Il n’y a plus d’hommes, restent des mutants, des robots, des animaux pacifiques et les Chiens. Mais c’est encore trop, quand le roman s’achève, sur Terre ne restent que les fourmis et leur fourmilière géante et ce bon Jenkins qui continue à entretenir la maison familiale des Webster depuis des milliers d’années. Pourquoi reste-t-il ? « Parce qu’il avait compris qu’il recherchait en fait l’oubli. Il avait toutefois commis une erreur. Supprimer la perception du temps n’apportait pas l’oubli ; ses souvenirs persistaient, mais en ordre dispersé, aléatoire. » 

Excellent roman, les thèmes abordés sont nombreux comme les conséquences de la disparition des villes (« La ville n’a plus rien d’une structure défensive ; en fait, dans la plupart des cas, on court moins de risques au-dehors »), la violence inhérente à l’homme mais que les Chiens vont supprimer, les choix de civilisation, la mutation entre robot et homme avec le personnage extrêmement touchant de Jenkins, ce vieux robot qui finira quasiment « homme » etc. Nombres de réflexions sonnent terriblement actuelles et sidèrent.

La présente édition comporte un texte supplémentaire « Epilogue » ajouté en 1971 et une bien belle postface de Robert Silverberg datant de 1996.


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