Mon maître et mon vainqueur de François-Henri Désérable

Une plume sublime suffit-elle à faire un roman inoubliable ? Je viens d’obtenir la réponse à cette question grâce à François-Henri Désérable.

Mon maître et mon vainqueur de François-Henri Désérable (éditions Gallimard)

Mon maître et mon vainqueur de François-Henri Désérable (éditions Gallimard)

C’est à travers son dernier roman, Mon maître et mon vainqueur, que j’ai découvert l’univers de cet auteur. J’ai été très clairementimpressionnée et charmée par son style et dans le même temps sa manière de s’emparer du sujet de la passion amoureuse m’a désarçonnée, quand la vacuité de son histoire m’a laissée interdite.

Pour résumer et caricaturer à outrance, je dirais que c’est bien un roman de mec. C’est en substance l’idée qui m’est venue à l’esprit après m’être fadé la énième scène de baise (impossible de l’appeler autrement) et avoir enfin compris que l’auteur confondait très clairement l’amour avec l’attirance physique, à moins que ça ne soit que son narrateur qui n’ait rien compris aux femmes ? Je préfère de loin cette hypothèse… Dans tous les cas, je n’ai pas su voir l’histoire d’amour, seulement une attirance charnelle, à peine un divertissement bien calé de 5 à 7.

Vous, je ne sais pas, mais moi je vois la vie comme deux lignes parallèles : la première représente ce à quoi l’on aspire, ce que l’on voudrait être ; la seconde, ce que l’on est réellement. Et bien sûr elles ne se superposent jamais tout à fait, mais tout l’enjeu est d’en réduire l’écart autant que possible. On ne mesure pas la réussite d’une vie à l’écart entre ces deux lignes, mais à l’effort consenti pour le réduire.

Oubliez la grande histoire de triangle amoureux, de choix cornélien entre l’amour que l’on porte à un mari et la passion que l’on voue à un amant, la véritable tragédie grecque, l’explosion de sentiments contradictoires, de tiraillements moraux, de montagnes russes émotionnelles. Avec Tina et Vasco vous ne trouverez rien de tout cela, seulement une histoire d’adultère sans envergure que l’on voudrait ériger en mythe à travers un procédé narratif qui a fait le succès du roman de Tanguy Viel, Article 353 du Code pénal, mais qui ici est loin de prodiguer le même effet et de mener à une chute aussi mémorable. Si la plume est là et bien là, l’imagination semble avoir quelque peu déserté l’auteur ce qui fait qu’à l’arrivée il y a un fossé entre ce qui est admirablement dit et ce qui est pauvrement démontré.

Vasco n’aimait que les brunes ou les blondes or les cheveux de Tina tiraient vers le roux – auburn, avec des reflets acajou. Tina n’aimait les garçons qu’aux yeux verts, or ceux de Vasco étaient bleus, avec une touche de marron. Elle n’était pas du tout son genre ; il n’avait jamais été le sien. Ils n’avaient rien pour se plaire ; ils se plurent pourtant, s’aimèrent, souffrirent de s’être aimés, se désaimèrent, souffrirent de s’être désaimés, se retrouvèrent et se quittèrent pour de bon


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Mon maître et mon vainqueur de François-Henri Désérable


L’ESSENTIEL

Couverture de Mon maître et mon vainqueur de François-Henri Désérable

Couverture de Mon maître et mon vainqueur de François-Henri Désérable

Mon maître et mon vainqueur
François-Henri DESERABLE
Editions Gallimard en GF et audio
Sorti en GF le 19/08/2021 en GF et le 29/12/2021 en audio
192 pages (4h29 d’écoute)
Lu par Hugo Becker

Genre : littérature contemporaine
Personnages : Tina, Vasco et Edgar
Plaisir de lecture : ❤❤❤
Recommandation : oui
Lectures complémentaires : Quatre amours de Cristina Comencini, L’autre Rimbaud de David Bailly, Juste après l’amour de Sarah Marty, A trop aimer d’Alissa Wenz

RÉSUMÉ DE L’ÉDITEUR

« Le cahier, c’était la première chose que m’avait montrée le juge, quand tout à l’heure j’étais entré dans son bureau. Sous la couverture souple et transparente, on pouvait lire au feutre noir : MON MAITRE ET MON VAINQUEUR. Sur les pages suivantes, il y avait des poèmes. Voilà ce qu’on avait retrouvé sur Vasco : le revolver, un cahier noirci d’une vingtaine de poèmes et, plus tard, après expertise balistique, des résidus de poudre sur ses mains. Voilà ce qu’il en restait, j’ai pensé, de son histoire d’amour ».


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TOUJOURS PAS CONVAINCU ?

3 raisons de lire Mon maître et mon vainqueur

  1. Pour la plume de François-Henri Désérable, sans aucun doute possible
  2. Pour la version audio admirablement lue par Hugo Becker : ce roman étant une confession, il se prêt à merveille à une lecture à voix haute
  3. Pour les références à Rimbaud et Verlaine et la fameuse scène des enchères

3 raisons de ne pas lire Mon maître et mon vainqueur

  1. C’est tiède, ça manque de prise de risque
  2. En étant esthétique ça oublie d’être vivant
  3. L’originalité du livre est en fait empruntée à un autre auteur, du coup ceux qui auront lu le roman Tanguy Viel resteront sur cette impression de déjà vu

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