Chronique : Te tenir la main pendant que tout brûle - Johana Gustawsson (Calmann-Lévy)

Chronique : Te tenir la main pendant que tout brûle - Johana Gustawsson (Calmann-Lévy)
Te tenir la main pendant que tout brûle
est ma première incursion dans l'univers de Johana Gustawson (et certainement pas la dernière).
J'ai adoré ses chapitres courts, ses sauts dans le temps, son intrigue ambitieuse et ses personnages.
On peut même parler d'une sacré belle galerie de personnages féminins.
Argh mais j'ai détesté la fin !
J'ai même eu l'impression que l'on pouvait faire un parallèle entre Pauline déconstruisant ce qu'elle considère être sa création et la romancière faisant de même avec ses personnages.
Difficile d'avoir de l'empathie pour les personnages masculins du livre : le mari de Lucienne est faible et sous l'influence de sa mère, le mari de Pauline est un pantin qu'elle a placé dans la lumière pendant qu'elle restait dans l'ombre, l'équipier de Maxine, à part être un bon copain, semble être complètement à l'ouest.
Johana Gustawsson met un coup de projecteur sur ses personnages féminins, au fil des différentes époques. Elle permet aux lecteurs de s'incarner dans des femmes fortes, blessées par la vie et par leurs proches, aux âmes marquées âmes au fer rouge.
Quand arrivent les dernières pages du roman, elle semble appliquer la politique de la terre brûlée. C'est peut-être cette frustration provoquée chez le lecteur qui est difficile à digérer : dans le livre, aucun personnage ne mérite l'absolution. Elle est malgré tout offerte sur un plateau par le biais de Gina, qui se révèle au fil des pages comme l'héroïne du roman, quitte à lui faire jeter au feu les fondements de sa conscience professionnelle.
J'ai eu l'impression que c'était la romancière qui me tenait la main pendant que brûlait l'empathie que j'avais ressenti pour elle et les autres femmes de l'histoire. Ce titre, c'est en fait Johana Gustawsson qui s'adresse à ses lecteurs, un avertissement telle une épée de Damoclès annonciatrice d'un final apocalyptique.
C'est machiavélique de provoquer ce genre de sentiments chez le lecteur. Même si on ne peut s’empêcher de penser que la romancière charge un peu la mule, c'est évidemment une histoire qui lancera des débats passionnés au sein de la communauté des lectrices et lecteurs. Et qui provoquera des échos dans nos esprits bien longtemps après avoir tourné la dernière page...

Présentation de l'éditeur
: Lac-Clarence, Québec, 2002. Maxine Grant, inspectrice et mère célibataire dépassée, est appelée sur une scène de crime affreuse. L’ancienne institutrice du village, appréciée de tous, a massacré son mari, le lardant de coups de couteau.
Paris, 1899. Lucienne Lelanger refuse d’admettre la mort de ses filles dans un incendie. Elle intègre une société secrète dans l’espoir que le spiritisme et la magie noire l’aideront à les retrouver.
Lac-Clarence, 1949. La jeune Lina vit une adolescence mouvementée. Pour la canaliser après l’école, sa mère lui impose de la rejoindre à la Mad House, la maison de repos où elle travaille. Lina y rencontre une étrange patiente, qui lui procure des conseils pour le moins dangereux…

Frédéric Fontès, www.4decouv.com

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