Mon Mari

Mon MariMon Mari de Maud Ventura, L’Iconoclaste, 196 pages Mon Mari

C’est une femme toujours amoureuse de son mari après quinze ans de vie commune. Ils forment un parfait couple de quadragénaires : deux enfants, une grande maison, la réussite sociale. Mais sous cet apparent bonheur conjugal, elle nourrit une passion exclusive à son égard. Cette beauté froide est le feu sous la glace. Lui semble se satisfaire d’une relation apaisée : ses baisers sont rapides, et le corps nu de sa femme ne l’émeut plus. Pour se prouver que son mari ne l’aime plus – ou pas assez – cette épouse se met à épier chacun de ses gestes comme autant de signes de désamour. Du lundi au dimanche, elle note méthodiquement ses « fautes », les peines à lui infliger, les pièges à lui tendre, elle le trompe pour le tester. Face aux autres femmes qui lui semblent toujours plus belles, il lui faut être la plus soignée, la plus parfaite, la plus désirable.

Mon Mari

La rentrée littéraire 2021 se poursuit sur le blog avec un envoi des Éditions L’Iconoclaste, que je remercie.

Éditions de L'Iconoclaste

Maud Ventura nous embarque avec ce roman dans le sillage d’une femme amoureuse folle de son mari. Tout au long de la lecture, nous la suivons dans sa semaine. Tout commence donc le lundi. On y rencontre cette femme sans nom. Très vite, le lecteur va se rendre compte qu’elle a un amour fougueux pour son mari (dont nous ne connaissons pas le prénom non plus), presque un amour malsain. Elle épie et interprète les moindres gestes de son conjoint. S’imaginant le pire, se questionnant sans cesse, elle a même inventé son propre système de punitions (oui oui, vous avez bien lu). Tout tourne donc autour du personnage du mari qui sans le savoir est au centre de tout. Et puis, il y a aussi les apparences, qu’il faut absolument sauver. Être toujours impeccable, sourire en permanence. Ce personnage m’a fortement fait penser à Bree Van de Kamp dans Desperate Housewives.

Mon Mari

L’intrigue est rondement menée et nous narre donc une semaine ordinaire dans la vie de ce couple. J’ai vraiment été prise dans l’histoire. Plus l’on avance dans la semaine et plus le récit devient intense. La femme s’enfonce dans sa paranoïa et ses reproches. Lorsque j’ai lu la partie du lundi, je me suis dit que c’était l’histoire d’une femme ordinaire. Arrivée au mercredi, j’ai commencé à penser qu’elle avait quand même quelque chose qui clochait. Le dimanche est l’apothéose! Plus de doute, cette femme est à la limite de la folie.

Maud Ventura nous livre donc les pensées de ce personnage tordu. On découvre son esprit tortueux et limite malsain. Comme la femme est la narratrice principale, nous avons accès à toutes ses pensées et ce n’est pas vraiment joli à voir. Certains passages sont à la limite de l’absurde et j’ai sérieusement mis en doute la santé mentale de cette femme. L’autrice a donc eu l’idée géniale de nous immerger totalement dans l’esprit de son personnage.

D’un point de vue stylistique, cela reste très agréable à lire. J’ai particulièrement aimé les touches d’humour disséminées de-ci delà. Car, ce qui au départ nous paraît une histoire de couple banale, se transforme peu à peu en farce. J’ai aimé ce glissement subtil qui nous mène jusqu’à un épilogue qui m’a cloué sur place, clôturant avec brio ce roman. En effet, les dernières pages donnent une autre dimension à l’ensemble du récit et ça, j’ai adoré.

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