Golden State

Golden State
Golden State
Imaginez que mentir soit puni par la loi. D'être obligé de consigner par écrit vos faits et gestes quotidiens pour preuve. Bienvenue dans le Golden State, une Californie alternative et souveraine qui a décidé de placer ses habitants sous haute surveillance... avec leur propre bénédiction. Laszlo Ratesic fait partie du Service Spéculatif depuis 19 ans. Il n'est pas un policier comme les autres : son travail consiste à s'assurer que la vérité respectée en toutes circonstances. Pour cela, il possède un don particulier, une sorte de sixième sens qui lui permet de deviner quand la personne en face de lui ment. Mais surtout, son service est l'un des rares à pouvoir spéculer, une discipline risquée, car flirtant avec le mensonge, afin de mener à bien ses enquêtes. Sa dernière affaire concerne la mort suspecte d'un homme, tombé d'un toit. Aidé pour cela de la jeune recrue Aysa Paige, Laszlo va plonger dans un nœud de contradictions et de mensonges qui le poussera à s'interroger sur la nature même du Golden State.
Golden State
Un grand merci aux éditions ActuSF pour ce partenariat !
Pourquoi ce livre ? J’étais tombée sur le premier roman de l’auteur, Underground Airlines, aux Utopiales sur le stand d’ActuSF. Mister avait flashé dessus si bien que j’ai fini par le lui offrir, avec la petite dédicace en prime pour marquer le coup. Les années passent et Mister ne se décidant pas à le lire… je n’ai pas pu le découvrir non plus XD C’est donc par le présent Golden State que je suis rentrée dans la bibliographie de Ben H. Winters…
… et quelle entrée ! Roman qui joue sur l’art de mentir ou celui de déceler la vérité, c’est toute une réflexion sur le contrôle d’un État par une instance tierce en rapport avec la liberté d’expression. Oui, mentir est un droit, même si c’est peu reluisant. On est bien loin du compte dans ce bouquin... Je dois dire que j’ai pleinement perçu cette crainte. En usant d’autres procédés, le roman fait écho à 1984 de George Orwell et met profondément mal à l’aise par cet étalage de la vie privée, ce besoin de tout consigner - certes sur des carnets scellés, mais quand même ! - pour que seule la vérité subsiste, même après la mort. Loin d’être une simple dystopie divertissante, ce roman cherche réellement à faire réfléchir, et ce dès les premières pages.
Les deux premières parties furent fabuleuses. On nous présente l’univers, une enquête décolle et entraîne réflexion sur réflexion. Ça va à fond la caisse à tel point que j’ai trouvé les connexions un peu faciles par moment, avec ce petit côté science-fiction qui ne sert qu’au propos et à la toile de fond. Je regrette d’avoir découvert qui serait le méchant dès le début, ajoutant au sentiment de facilité celui du manque de surprise. En revanche, je n’ai pas du tout aimé la dernière partie. L’auteur est parti dans un délire au-delà du Golden Stade qui ne m’a ni emportée ni convaincue. Je n’ai pas compris ce qu’il cherchait à montrer par cette conclusion et j’ai terminé ma lecture en fronçant les sourcils, perplexe…
Les personnages sont loin d’être attachants, ce que je trouve normal. Après tout, là où exercent les sentiments, l’objectivité n’est plus possible et le mensonge peut s’installer n’importe où. Toutefois je me suis sentie concernée par l’enquête de Laszlo et de Paige, cette dernière ayant ma préférence pour son tempérament fonceur et impertinent. Les autres personnages ne sont pas foule et ne marquent pas forcément le récit, ils servent davantage à jalonner l’enquête, chaque nouvelle intervention apportant une pierre à l’édifice. Toutefois ils permettent tous de compléter la description de ce Golden State repoussant, par les différentes institutions qui le composent pour faire régner la vérité.
Le style d’écriture est très direct, ça m’a bluffé. Très peu de description, pas de fioritures, l’auteur va droit au but en gardant l’attention concentrée sur l’enquête et sur l’évolution de la pensée de ses personnages. Ça ne m’a pas déplu, loin de là, mais j’avoue que ce fut perturbant dans les premières pages ; il ne me faudrait pas ce genre de plumes à chaque lecture !
Golden State
Malgré une fin incomprise et clairement en-deçà, j’ai adoré arpenter les ruelles trop parfaites de Golden State. L’enquête est peut-être un peu facile dans sa progression avec une avant-fin sans surprise, c’est bien le propos qui retient clairement toute notre attention, en usant de petites combines dans l’intrigue pour toujours nous effarer un peu plus. Dans la même veine que 1984 et Fahrenheit 451, j’ai été glacée de frayeur à l’idée qu’une telle chose puisse se produire. Un moment de lecture intense, marquant, que je recommande !
Golden State
14/20
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