Jeunesse : D'Or et d'Oreillers - Flore Vesco

Je dois cette lecture après l'avis motivé et motivant de Mokamilla. Et je l'en remercie.

J'ai lu cette histoire avec une grande attention. Même si ma lecture a été agréable, je n'ai pas cessé d'être dérangée par l'entame du scénario : la quête de jeunes filles à passer une nuit dans une chambre obscure, où il se passe des choses qui pourraient toucher à leur intégrité physique, avec l'espoir de plaire à un homme. Cet implicite (qui s'explique parfaitement dans l'histoire) m'a mise mal à l'aise au point que, prévu au départ comme cadeau pour ma cadette, j'ai décidé de garder D'Or et d'oreillers momentanément pour moi et je ne l'offrirai pas. C'est une réaction idiote et déraisonnable de ma part mais je n'arrive pas à m'en défaire. Réaction idiote et déraisonnable puisqu'en des temps reculés, les contes narraient des abandons familiaux, des empoisonnements et des homicides, notre époque actuelle dévoile combien la violence évolue vers d'autres formes. Mais c'est ainsi, l'implicite de base m'a heurtée et je n'ai pas réussi à réfréner ce sentiment (déjà dit).

Jeunesse : D'Or et d'Oreillers - Flore Vesco

Bien entendu, D'Or et d'Oreillers a les mêmes qualités d'écriture que De Cape et de Mots : une épopée romanesque fournie et riche, une héroïne courageuse et fine, une vraie anti-princesse, des dialogues savoureux, des références precises aux contes (La Princesse au petit pois dont cette histoire est une réinterprétation-réadaptation contemporaine, Cendrillon, avec un petit côté Blanche Neige - sans les sept nains mais avec la magie et le règlement de compte familial, La Belle et la Bête pour le côté isolé du prince, le côté transformation physique et le timing à respecter). Le scénario est parfaitement huilé, construit avec des personnalités bien marquées comme les positions sociales d'ailleurs : les trois frangines de la noblesse locale, la servante (fille légitime d'un couple mixte de serviteurs), le prince qui n'y connaît pas grand chose aux choses de la vie et fait preuve de maladresse et de curiosité. On retrouve le même rythme des imprévus de De Cape & de Mots. L'écriture de Flore Vesco est impeccable. Il y a des rebondissements, on ne s'ennuie pas. D'Or et d'Oreillers s'appuie sur un standard classique mais c'est exactement l'intérêt de ce roman (ce qui se passe la nuit) qui a produit l'effet inverse chez moi : mon éloignement ! 

Donc en résumé : à vous de voir et de le lire pour vous faire votre propre opinion (j'ai bien conscience d'être passée complètement à côté de ce conte et d'avoir éprouvé une surréaction psychologique épidermique).

Autres avis : Mokamilla, Antigone

De la même autrice : De Cape & de Mots


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