Les Classiques de Priscilla – Les Regrets de Joachim du Bellay

Les Classiques de Priscilla – Les Regrets de Joachim du BellayLes Classiques de Priscilla – Les Regrets de Joachim du Bellay

Lire de la poésie n'est vraiment pas un acte naturel pour moi. Si j'adore Les Fleurs du Mal, c'est une sorte de livre de chevet pour moi, quand l'envie se fait sentir, je lis un ou deux poèmes, parfois une section, mais ça s'arrête là. C'est un genre que je trouve beau mais il requiert une certaine concentration ; quant au principe du recueil, la difficulté est démultipliée par le fait que chaque poème a son sens et que l'ensemble n'a pas forcément son unité narrative.

Pourtant, le thème du Reading Classics Challenge de Lilly and Books pour le mois d'avril, c'était la poésie. Je me suis donc plongée, tout le long du mois, dans la découverte des Regrets de Du Bellay (oui ce n'était pas du tout ce qui était prévu initialement...).

Voici la quatrième de couverture :

En juin 1553, Du Bellay arrive à Rome que les troupes de Charles Quint ont mise à sac vingt-six ans plus tôt ; il y accompagne comme intendant le cousin de son père, le cardinal Jean Du Bellay, auquel le roi Henri II vient de confier la mission de négocier avec le pape une alliance contre Charles Quint. Et c'est pendant ce séjour romain qu'il compose - outre des poèmes en latin - l'essentiel des Regrets, des Antiquités et du Songe qu'il fait paraître en 1558, après son retour à Paris. Les sonnets des Regrets disent la plainte d'un exilé à Rome - en même temps que la pérégrination de l'âme sur terre accompagne le thème du voyage ; mais l'élégie se double aussi d'une satire contre la cour pontificale.

Les Classiques de Priscilla – Les Regrets de Joachim du Bellay

Les Regrets sont un recueil de sonnets écrits par Du Bellay durant son séjour à visée politique à Rome. Comme le titre l'indique, le poète n'y est pas heureux, il chante sa nostalgie de sa terre angevine, mais il ne se limite pas à cela. Dans ce texte, il est question de regrets bien sûr, mais j'ai été fascinée par la capacité de Du Bellay à varier les sujets et les tons : on passe de la plainte élégiaque à la satire acerbe, de l'éloge aux poètes au blâme des courtisans, du blason d'une dame à la peinture amère de la vie des courtisanes.

Je suis toujours émerveillée par le talent de ces poètes de la Renaissance qui aiment utiliser le sonnet comme la forme unique. Dans ce carcan de quatorze vers, ferré par un schéma de rimes arrêté, Du Bellay parvient à décrire, pleurer, chanter, critiquer et c'est admirable.

Je ne peux rien dire de plus, puisqu'il n'y a pas vraiment de trame narrative à résumer, si ce n'est que j'ai appris beaucoup de choses sur la vie de Rome à l'époque. Moi qui adore cette ville, je ne comprenais pas au départ qu'on soit dégoûté de cette ville, mais la peinture, digne parfois des futurs Caractères de La Bruyère, des mœurs de l'époque m'ont éclairée.

Je ne vous proposer maintenant que quelques extraits, juste pour le plaisir de la musique de la langue. Savourez messieurs, dames 😉

Et je pensais aussi ce que pensait Ulysse,
Qu'il n'était rien plus doux que voir encore un jour
Fumer sa cheminée, et après long séjour
Se retrouver au sein de sa terre nourrice.
Je me réjouissais d'être échappé au vice,
Aux Circés d'Italie, aux Sirènes d'amour,
Et d'avoir rapporté en France à mon retour
L'honneur que l'on s'acquiert d'un fidèle service.
Las ! mais après l'ennui de si longue saison,
Mille soucis mordants je trouve en ma maison,
Qui me rongent le cœur sans espoir d'allégeance.
Adieu donques, Dorat, je suis encor Romain,
Si l'arc que les neuf Sœurs te mirent en la main
Tu ne me prête ici, pour faire ma vengeance.
Seigneur, je ne saurais regarder d'un bon oeil
Ces vieux singes de cour, qui ne savent rien faire,
Sinon en leur marcher les princes contrefaire,
Et se vêtir, comme eux, d'un pompeux appareil.
Si leur maître se moque, ils feront le pareil,
S'il ment, ce ne sont eux qui diront du contraire,
Plutôt auront-ils vu, afin de lui complaire,
La lune en plein midi, à minuit le soleil.
Si quelqu'un devant eux reçoit un bon visage,
Es le vont caresser, bien qu'ils crèvent de rage
S'il le reçoit mauvais, ils le montrent au doigt.
Mais ce qui plus contre eux quelquefois me dépite,
C'est quand devant le roi, d'un visage hypocrite,
Ils se prennent à rire, et ne savent pourquoi

Et vous, êtes-vous sensible à la poésie ? En lisez-vous ?

Priscilla


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