Celestia - Manuele Fior

Celestia - Manuele FiorPas un mot sur la 4ème de couv. Pas le moindre résumé à l’intérieur du bouquin. Aucune pagination, pas de chapitres. Une couverture aussi énigmatique que le reste avec deux personnages marchant sur l’eau au milieu de nulle part. Bienvenue dans l’album le plus étrange que j’ai lu depuis des années. On est à Celestia, une île apparemment. Une île qui ressemble à une Venise à l’abandon, une île presque vide, avec quelques habitants masqués, inquiétants. Et d’autres sans masques, beaucoup plus rares. Parmi eux, Pierrot et Dora. L’homme et la femme de la couverture. Ils ont des pouvoirs de télépathie. Ils cherchent à échapper à on ne sait trop qui. Le père de Pierrot voudrait à tout prix mettre la main sur Dora. Dans quel but ? Aucune idée.

Celestia était reliée au continent par un pont. Ce pont, un groupuscule l’a fait sauter pour se protéger de l’invasion. Quelle invasion ? Aucune idée. A un moment, Pierrot et Dora s’enfuient, en bateau. Ils accostent près d’un château occupé par un gardien, la propriétaire et le fils de cette dernière. Ils vivent reclus, se sentent en sécurité, affirment qu’ils n’ont pas peur. Peur de quoi ? Aucune idée.

Celestia - Manuele FiorQuand Pierrot et Dora ont quitté Celestia, j’ai eu l’impression de tenir un truc. Le début de quelque chose de compréhensible. Mais quand le gamin de la proprio, du haut de ses 3 ans, leur a proposé de monter en voiture et de les conduire vers une destination inconnue, j’ai à nouveau perdu pied. Je ne vais pas aller plus loin dans ce résumé décousu, il dit la difficulté de trouver ses marques dans cette histoire dépourvue du moindre repère pour le lecteur. Un lecteur à qui il ne reste pas trente-six options après avoir entamé l’album. Première option : l’abandon. Deuxième option : s’accrocher et chercher absolument à comprendre. Dernière option : se laisse porter, naviguer à vue, accepter le côté irrationnel et se dire qu’on est face à une proposition intellectuelle et artistique difficilement cernable, dans son intégralité en tout cas.

C’est cette dernière option qui s’est imposée à moi au fil des pages. Ok j’ai pas tout compris. Pour être honnête j’ai peut-être même rien compris. Mais le voyage auprès de Pierrot et Dora n’a pas pour autant été désagréable. L’atmosphère vaporeuse, l’ambiance onirique et souvent contemplative, la luminosité du dessin… il se dégage de l’ensemble un charme presque envoutant et assez inexplicable. Impossible de dire si j’ai aimé ou pas, impossible de le recommander à qui que ce soit mais au final impossible de ne pas reconnaître que j’ai vécu une sacrée expérience de lecture.   

Celestia de Manuele Fior. Atrabile, 2020. 272 pages. 30,00 euros.


Celestia - Manuele Fior

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