Fille de Camille Laurens

Fille de Camille Laurens

Il est rare que j'abandonne une lecture. Et pourtant, depuis peu, je ne m'en empêche plus. Il y a tellement de romans faits pour nous, il y a tellement de lecteurs subjugués pour chaque roman qui paraît. Pourquoi se torturer ?

J'avais lu beaucoup de chroniques dithyrambiques sur le roman de Camille Laurens, mais je n'ai pas ressenti le besoin de l'acheter. Était-ce un signe ? Peut-être bien. Avant de vous expliquer mon ressenti, je vous laisse découvrir la quatrième de couverture :

FILLE, nom féminin
1. Personne de sexe féminin considérée par rapport à son père, à sa mère.
2. Enfant de sexe féminin.
3. (Vieilli.) Femme non mariée.
4. Prostituée.
Laurence Barraqué grandit avec sa sœur dans les années 1960 à Rouen.
" Vous avez des enfants ? demande-t-on à son père. - Non, j'ai deux filles ", répond-il.
Naître garçon aurait sans doute facilité les choses. Un garçon, c'est toujours mieux qu'une garce. Puis Laurence devient mère dans les années 1990. Être une fille, avoir une fille : comment faire ? Que transmettre ?
L'écriture de Camille Laurens atteint ici une maîtrise exceptionnelle qui restitue les mouvements intimes au sein des mutations sociales et met en lumière l'importance des mots dans la construction d'une vie.

Sur le papier, le roman avait de quoi me plaire. Mais ça n'a pas fonctionné sur moi. J'ai lu 70 pages avant de prendre la décision d'abandonner.

Fille de Camille Laurens

Je suis consciente que c'est sûrement un roman nécessaire, que c'est intéressant de montrer à quel point le destin des femmes a évolué entre les années 50 et aujourd'hui, mais j'ai eu beaucoup de mal à supporter cette vision victimisante de la gent féminine. La narratrice commence d'emblée par tout un tas de jeux de mots autour de l'expression " c'est une fille " (l'indéfini, pourtant tragiquement suivi du " e "). Camille Laurens maîtrise la langue de façon magistrale, c'est indéniable, mais j'ai trouvé cette image de la langue machiste un peu trop accentuée.

Puis c'est Laurence qui prend la parole et qui, lors des anecdotes sur son enfance, multiplie les pauses " Observation 1, révélation 2 "... Je n'ai vraiment pas accroché, ni à ce qui était raconté, ni au ton sur lequel les choses étaient dites...

N'était-ce pas pour moi ? N'était-ce pas le moment ? Peu importe, nous verrons bien. Mais pour l'instant, je passe...

Et vous, vous connaissez ? Vous avez aimé ?

Priscilla


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