Les interviews de la Pomme : Romain Huet

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Les interviews de la Pomme : Romain Huet

J’ai eu l’occasion il y a peu de découvrir l’auteur Romain Huet grâce à son manga Yggdrasil sentai, que je vous recommande fortement ;). Aujourd’hui, je voulais donc en savoir plus sur la personne qui se cachait derrière ce titre ! 😀


Bonjour Romain, aurais-tu deux trois mots pour te présenter aux personnes ici qui ne te connaîtrais pas ?
Bonjour Pommy, en deux trois mots.. Emmm… trentenaire chauve à barbe, pur produit année 90 et des années Club Do’. Je suis l’auteur de bande dessinée comme geek Agency qui était à l’époque chez Ankama puis je suis passé coloriste sur quelques albums avant de me lancer dans l’auto-édition avec mes propres histoires.
Qu’est-ce qui t’a donné envie de commencer à faire des mangas ?
C’est la lecture des deux premiers tomes de Love Hina quand j’avais 18 ans. Je me souviens encore de ce moment magique où je me suis dit, alors que le dessin n’a jamais existé dans ma vie, « Wow… en fait c’est ça que je veux faire dans ma vie, dessiner des manga ! » 
Ensuite.. bah j’ai tout plaqué, mes études en électronique, mon BTS pour rentrer à l’école Pivaut de Nantes.
Pourquoi avoir choisi l’univers des dieux nordiques et plus particulièrement de l’arbre monde ?
En fait, l’arbre monde et les dieux nordiques c’est indissociable pour moi. C’est comme parler de la bible sans parler de la pomme.. 
Ensuite, en plus d’aimer cette mythologie, il faut savoir qu’elle a été réinterprétée par les prêtres de l’époque, que les historiens eux-mêmes ne sont pas d’accord avec les uns et les autres sur la traduction des écrits et des légendes et donc, que ça te laisse finalement une certaine liberté pour piocher ce que tu veux sans que des personnes soit offusquée. 
Quelle expérience retires-tu d’être un mangaka français ?
En fait je ne suis pas un mangaka français, je le dis parce qu’on sait où me ranger en tant qu’auteur mais en vrai je suis juste auteur de BD. Ce que je faisais chez Ankama à mes débuts, je le continue chez Dôshin maintenant. Je fais des histoires qui sont illustrées en BD. La seule chose qui a vraiment changé quand je me suis lancé dans le manga, c’est que ce sont les premiers tomes où j’étais dessinateur, jusque là j’étais scénariste et coloriste.
N’est-il pas effrayant de se lancer dans les mangas en tant qu’Occidentaux quand on voit toute la concurrence japonaise qu’il existe déjà ?
Faut pas y penser, nous n’avons pas la portée d’un Naruto ou d’un My Hero Academia. Après certains manga vont se démarquer comme Radiant mais c’est un sur combien ? En fait la concurrence en BD est partout. Des gens très talentueux font du franco-belge, du comics et du manga. Pas besoin d’aller chez les japonais pour se faire peur de la concurrence ! Mais ça n’a rien d’effrayant, c’est plutôt galvanisant. On se dit « pouah le niveau du gars, un jour je ferais pareil » et puis voilà, la peur se transforme en challenge ! 
Dans ton manga, les quatre premiers tomes se concentrent sur un personnage à chaque fois. Je n’avais pour ma part jamais vu un manga faire cela, d’où t’est venue l’idée ?
C’est simple, au départ je devais vendre mon manga qu’en festival. Pour moi, impossible d’accrocher le lecteur en lui disant « hey, mon gars, je fais une série en 5 tomes qui se suivent et je viens une fois par an… à dans 5 ans minimum pour avoir la fin ! » Jamais ça n’aurait fonctionné. Du coup, des one-shots. Pas d’ordre, les gens pouvaient repartir avec un tome, être contentés et revenir l’année suivante pour lire l’histoire des autres filles.
À ça on rajoute mon envie de parler de sujets d’actualité et pour pas faire trop pot-pourri de problèmes de société, à chaque tome une thématique, une fille, une histoire, une couleur… bref parfait. L’idée finale était aussi de parler d’humanisme, l’entraide universelle. Toutes ces couleurs réunies qui donnent du blanc, le concept était tout trouvé.
D’ailleurs, les cinq personnages présentés sont uniquement des femmes. Je trouve cela rafraîchissant un Shonen qui met en avant des héroïnes et non des héros. Pourquoi ce choix ?
Les femmes sont sous représentées dans le manga d’aventure. Souvent cantonnées au rôle de faire valoir et de corps à peloter. Par exemple, je suis un fan de seven deadly sins mais la façon dont est représentée Élisabeth.. Bah non… ça ne marche pas ! Alors soit on est dans l’hystérie avec des gueulardes, soit des garçons manqués, soit justes des corps, bref.. J’ai fait l’inverse. Les hommes devenaient secondaires, les femmes prenaient le devant.
Ensuite d’un point de vue écriture, une femme peut passer par tous les stades émotionnels sans que le personnage en soit affecté. Alors qu’un homme est plus caricaturale et je trouve, émotionnellement, plus restreint.
Dôshin c’est une maison d’édition qui souhaite éditer des mangas français. As-tu eu envie de faire cette maison d’édition, car tu souhaitais faire un manga, où l’idée du manga t’est venue après ?
Dôshin vient du fait qu’après My magical Girlfriend, je voulais continuer à faire des manga mais je ne voulais pas que les livres sortent sans label. C’est là que Dôshin est venu dans la balance. Je ne voulais pas être juste Romain Huet mais je voulais être Dôshin Éditions avec dans l’espoir un jour, d’éditer d’autres gens.
Le succès fut au rendez-vous, Dôshin est devenue une vraie maison d’éditions. Nous éditons aussi Leen avec son manga Shinobi Iri.
Au départ, nous étions partis avec l’idée de ne faire que du manga français, le vivier francophone est très intéressant et personne ne le fait vraiment, le tout avec 95% des ventes en salon. En pleine expansion, le covid est venu mettre un peu le bazar (je suis resté poli) et nous avons dû revoir nos plans initiaux. Dôshin va s’ouvrir aussi aux romans graphiques français (avis aux auteurs) et s’implanter en librairie.
Bientôt, le cinquième et dernier tome de Yggdrasil sentai sortira, as-tu d’autres projets manga en cours ? Si oui, un petit indice sur l’univers que tu nous proposeras ? 😉
Alors le cinquième tome ne devrait pas tarder à sortir maintenant. le prochain sujet est déjà en écriture mais je quitte le manga. Je fais une pause et je pars dans le roman graphique. J’avais envie de raconter autre chose, avec un autre rythme et un autre graphisme. J’ai plusieurs scénarios sur le feu mais celui qui sortira en premier s’appelle « les cris du coeur » et l’histoire raconte les retrouvailles après le confinement d’une bande de potes qui passeront un weekend ensemble. Entre révélations et cachoteries, les amitiés vont être mises à mal ! C’est une comédie dramatique dans la droite lignée des petits mouchoirs et histoires du genre. Comme on peut l’entr’apercevoir, très loin des filles combattant en armure !
Un mot pour la fin ?
Mangez des pommes ! 🙂 ! (oui je sais je fais des blagues de vieux !)

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