Une baffe et ça repart

Ce roman traite d’un sujet difficile, et malheureusement trop souvent d’actualité : la violence conjugale. Merci à l’auteure, Séverine Vialon, de m’avoir confié son texte en vue d’une chronique.

Une baffe et ça repart

181 pages – Éditions Sevylivres – Broché – Kindle (20/05/2020)

Mon avis :
Un couple, un enfant : une famille. Un papa chauffeur routier qui ne rentre que le week-end et une maman au foyer pour s’occuper de Chloé, six ans, en classe de CP.
On sent qu’il y a eu de l’amour dans ce couple, mais que la lassitude a pris le dessus, suivie de l’incompréhension, puis de l’indifférence. Si seulement les sentiments ne s’étaient pas mus en une haine physique pour ces parents égarés dans leur routine… Au milieu, Chloé. Elle en voit beaucoup, elle entend tout, et elle retient. Elle rêve de faire comme son papa : parcourir les routes dans un beau camion. Mais pour cela, il faut être sage en classe, écouter la maîtresse, et bien faire ses devoirs pour apprendre à lire, à compter.
C’est pour cette raison que l’institutrice de Chloé convoque les parents un vendredi soir. Ces derniers sont déjà tendus avant de se retrouver, et l’atmosphère est électrique pendant l’entretien. Finalement, l’enseignante et la directrice parviennent à arracher la signature des parents de Chloé pour que la petite voient un psychologue pour enfants. C’est le coup d’envoi de la descente aux enfers pour cette famille déjà bien amochée. Les insinuations, les insultes et les coups bas pleuvent de tous côtés, et aucun des trois protagonistes n’est épargné. C’est dur. Même si on comprend ce qui se passe, plusieurs questions se bousculent dans la tête du lecteur ; surtout plusieurs « Pourquoi ? », et « Comment ont-ils pu en arriver là ? ».

Les mots. les maux. L’émotion. Tout est réuni dans ce roman, et la tension est palpable. On suit le calvaire de la famille qui semble composée d’étrangers, avec attention et à tour de rôle. En effet, la narration des divers événements est faite par chaque personnage, pour bien comprendre la vision et le ressenti d’une situation ; sans pour autant qu’on ait l’impression de relire une scène. Comme pour mieux aggraver les circonstances, la violence est un personnage à part entière, puisqu’elle prend aussi la parole au cours du récit : elle s’exprime, s’installe, et prend la place qu’elle veut aux moments où il faut.

L’écriture et les scènes décrites sont très réalistes et il n’y a rien de trop : pas de détails crus ou inutiles, et pas de voyeurisme malsain pour apercevoir les coups à travers la serrure d’une porte. Tout est dit avec des mots choisis, qui rendent la lecture agréable malgré la dureté des épreuves traversées. On ne manque pas d’empathie pour la petite Chloé et ses parents, et on a hâte de connaître le dénouement qui peut apparaître comme une lueur d’espoir. Bien sûr, tout n’est pas rose. Mais c’est aussi ce qui fait la crédibilité de l’histoire.


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