California girls • Simon Liberati

California girls Simon Liberati California girls • Simon Liberati

Éditions Le livre de poche, 2017 (316 pages)

Ma note : 11/20

Quatrième de couverture ...

En 1969 j'avais neuf ans. La Famille Manson est entrée avec fracas dans mon imaginaire. J'ai grandi avec l'image de trois filles de vingt ans défiant les tribunaux américains, une croix sanglante gravée sur le front. Des droguées... voilà ce qu'on disait d'elles, des droguées qui avaient commis des crimes monstrueux sous l'emprise d'un gourou qu'elles prenaient pour Jésus-Christ.
Ce fait divers a marqué un tournant historique : la fin de l'utopie des années 1960.
California girls couvre trente-six heures de la vie de la Famille Manson au moment où elle passe à l'acte. Mon but a été que tout paraisse aller de soi comme dans un roman. J'ai écrit cette histoire le plus simplement possible pour exorciser mes terreurs enfantines et j'ai revécu seconde par seconde le martyre de Sharon Tate.

La première phrase

" La mort de Gary Hinman racontée par Sadie ressemblait à une cérémonie bouddhiste, un truc marrant... Elle en avait parlé à Leslie à cause du dentifrice qu'elles venaient de voler dans une épicerie avant d'aller faire les poubelles. "

Mon avis ...

Mieux vaut avoir le cœur bien accroché pour venir à bout de California girls. Simon Liberati nous invite ici à revivre les dernières heures de Sharon Tate, tout en nous laissant découvrir le quotidien de la "famille" Manson (une communauté hippie, dirigée par le tueur et gourou Charles Manson). Un récit gênant, aux allures de reportage documentaire. Si j'ai aimé en apprendre davantage sur ce fait divers célèbre et glaçant, je regrette que ce roman n'en aborde pas directement les conséquences (je pense au procès, aux condamnations). Un récit incomplet pour moi donc, qui en seconde partie se concentre beaucoup plus (trop ?) sur les affaires de sexe et de drogue de la secte. J'aurais aimé moins de détails sanglants, pour une analyse plus fine de la psychologie des membres de la Famille Manson.

Soirée du 8 au 9 août 1969. Mariée à Roman Polanski et enceinte de huit mois, l'actrice Sharon Tate reçoit des amis dans leur villa du 10050 Cielo Drive, située à Los Angeles. C'est précisément là qu'un quintuple meurtre s'apprête à être perpétré, une tuerie dictée par Charles Manson. L'objectif de la communauté ? "Tuer des porcs". Les assassinats sont commis par Tex Watson, Susan Atkins (dite Sadie) et Patricia Krenwinkel. Présente sur les lieux, Linda Kasabian fera office de témoin muet. Ce sera la seule membre de la communauté à témoigner contre le groupe, et à éprouver de la pitié pour les victimes.

Simon Liberati nous décrit ici une véritable nuit d'horreur, avec une précision quasi clinique. Le sang coule. Les victimes tentent de résister. Les tueurs s'y reprennent à plusieurs fois. J'ai réellement eu l'impression d'assister, impuissante et écœurée, à ce massacre. Je reconnais l'important travail de documentation de l'auteur, mais il pousse pour moi beaucoup trop les détails chirurgicaux de ce livre. On apprend que Sharon Tate, tuée la dernière, a écopé de seize coups de couteaux et que l'inscription "Pig" a été écrite avec son sang sur la porte d'entrée. Ou encore qu'Abigail Folger a également été poignardée à plusieurs reprises, alors même qu'elle tentait de fuir par le jardin.

Mais l'horreur ne s'arrête pas là. Simon Liberati nous raconte le quotidien de la "Manson Family" qui a établi ses quartiers au Spahn Ranch, un ranch appartenant à George Spahn (un vieux monsieur qui accepte de les loger gratuitement). Un quotidien baignant dans la crasse, la poussière, la nourriture avariée, les vêtements élimés. La communauté y vit de vols et de trafic de drogue. Tex, Katie, Gypsy, Leslie, Squeakie et tant d'autres... Nous ne saurons jamais ce qu'ils seraient devenus sans l'influence folle, quasi mystique, de leur gourou. Avec le recul, on peut se demander comment l'influence d'un seul homme (très bien rendue dans le livre) a pu suffire pour faire perdre la tête à tant de jeunes perdus, au passé souvent trouble. La recherche d'un leader ? Le sentiment d'appartenir à un groupe et d'être enfin reconnus voire aimés ? La clef est peut-être ici.

J'ai du mal à tirer une conclusion de cette lecture. Elle fut dérangeante, mais instructive. Je l'ai parcourue comme on regarde un reportage sur une affaire criminelle. Reste que j'en attendais peut-être autre chose (plus de profondeur et de psychologie que de détails crus et de sang).

Extraits ...

" Aucun étranger ne pouvait comprendre ça. Aux yeux des cochons ordinaires, les flics, les cow-boys, les psychiatres, leur dévouement pour Charlie qui les poussa à commettre des crimes inutiles, à gâcher leur vie et à braver la chambre à gaz resterait un mystère. On accuserait l'hypnose ou la drogue mais il ne s'agissait que d'amour. "


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