L’Île de la mangrove rouge de Sarah Lark

L’Île de la mangrove rouge de Sarah Lark

C'est avec beaucoup d'attentes et beaucoup d'enthousiasme que je me suis lancée dans la lecture du nouveau roman de Sarah Lark, L'Île de la mangrove rouge, la suite de L'Île aux mille sources, dont vous pourrez relire mon avis ici.

Après un temps de réadaptation nécessaire pour retrouver les personnages et l'ambiance, l'histoire m'a embarquée aussi facilement que celle de sa grande sœur. Et pour cause ! On y retrouve la même recette : une héroïne, de l'amour, des plantations, de l'esclavage (au sujet duquel le point de vue de nos héros a le mérite d'être moral), des rebelles, des tribus... Au fond l'histoire est, sur bien des aspects, similaire à celle du tome précédent.

On suit Deirdre, la fille de Nora et de l'ancien esclave Akwasi, adoptée par Doug Fortnam. Cette jeune femme, métisse non-officielle, échappe aux rumeurs sur son compte en épousant un homme qu'elle aime, Victor, et qu'elle suit à Saint-Domingue, abandonnant la Jamaïque. Sur place, elle a la chance de vivre avec un homme qui partage ses idéaux, un homme bon, courageux qui ne lui impose pas de diriger une horde d'esclaves et de vivre selon les règles de la société française. Pourtant, Deirdre fera des erreurs. Comme sa mère, mais pour des raisons différentes, elle rencontrera un esclave. Comme Akwasi, celui-ci rêve de se libérer de sa condition, rejoint des rebelles et tente de s'en sortir.

L'avantage de cette recette, c'est qu'elle fonctionne. L'inconvénient, c'est que l'on s'y attend.

L’Île de la mangrove rouge de Sarah Lark

Néanmoins, il y a des différences. Deirdre est beaucoup moins attachante que Nora, qui se bat contre un mari détestable et qui se fait enlever, quand sa fille a tout pour être heureuse mais gâche son bonheur avec ses caprices. De fait, il est intéressant de devoir composer avec une héroïne imparfaite, même si notre relation avec elle est plus conflictuelle. Toute la partie sur la piraterie est également une grande nouveauté et le personnage de Bonnie est en ce sens vraiment intéressant. Dans l'ensemble le personnel du roman introduit dans ce deuxième tome est d'une grande richesse : Amali a une relation plus intime avec sa maîtresse que Maànu (que j'ai regretté de ne pas avoir vue davantage), Léon, Sabina et Nafia sont très attachants, la femme Massaï est fascinante et Victor très touchant. Finalement, c'est à Jefe et Deirdre que j'ai eu le plus de mal à m'attacher, alors qu'ils sont les personnages principaux, mais, comme je l'ai déjà dit, cela a un côté intéressant aussi.

L'évolution des mentalités des esclaves, comme des Blancs (du coup, il s'agit plutôt de l'absence d'évolution de leur point de vue), est passionnante. La possibilité d'affranchir les esclaves, l'accès aux petits commerces, l'impossibilité d'envisager de grandes activités, l'importance des religions, des croyances, la place du Messie rendent l'intrigue riche et palpitante. On ne s'ennuie pas une seconde avec Sarah Lark, elle sait y faire.

C'est donc un roman qui m'a fait voyager, qui m'a procuré des heures de détente et de plaisir, même si assez rapidement, je me suis attendue à ce qui allait se produire, c'est le seul bémol. Néanmoins, je vous invite à découvrir cette saga, publiée aux éditions de L'Archipel qui produit toujours des ouvrages vraiment beaux et de qualité.

Je vais maintenant quitter un peu l'époque des esclaves parce que j'avoue qu'entre le contexte actuel, Autant en emporte le vent et Sarah Lark, j'ai comme l'impression de ne vivre qu'avec des esclaves et leurs maîtres...

Priscilla


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