Rien ne s'oppose à la nuit, de Delphine de Vigan .

Rien s'oppose nuit, Delphine Vigan
Résumé : Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l'écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd'hui je sais aussi qu'elle illustre, comme tant d'autres familles, le pouvoir de destruction du verbe, et celui du silence.
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Comprends pas.
Je ne peux pas comprendre l'acharnement que j'ai pu lire à divers endroits.
Ce n'est pas une grande oeuvre littéraire c'est certain, et ce n'est pas le but de ce livre : c'est une quête et un exutoire. C'est un besoin de comprendre l'origine des racines qui poussent sous nos pieds, portent nos pas dans certaines directions et pas d'autres. C'est la volonté de comprendre et retracer un passé un peu trop édulcoré en apparence, un peu trop mensonger. Alors oui, c'est froid. Non, il n'y a pas une merveilleuse prose : les mots fusent comme des balles, comme autant de pensées perdues, au point d'éloigner Morphée de nos nuits.
C'est un récit pudique, au sein duquel on sent la carapace de Delphine se renforcer un peu plus à chaque chapitre, comme un besoin de se protéger d'une chute absolument inévitable, de l'espoir d'amoindrir la force du choc, un peu en vain, car la chute va être longue pour elle une fois la dernière page écrite... 
                    Et si je peux parfaitement comprendre qu'on ne puisse pas apprécié ce livre (je suis la première à dézinguer certains ouvrages parfois, c'est la dernière chose qui me dérange) ici, j'ai un peu de mal avec certains commentaires, notamment sur Babelio. Peut-être une question de vision, de principe, idk. J'ai du mal. Car il ne s'agit pas d'un roman sf ou que sais-je, c'est un récit de vie. Et si, oui, il est possible de se sentir ennuyé par son style, je vois mal en quoi ça mérite de tels élans de méchanceté et de mesquineries (car pour certain(e)s, il est bien question de ça). 
Delphine ne se targue pas d'être la prochaine grande écrivaine française (loin de là même, elle a écrit par besoin, elle est la première à le dire, et il suffit de se renseigner pour se rendre compte que la petite Dame a déjà écrit à plusieurs reprises sur son histoire, sur son passé, avant tout par nécessité/pour se libérer/s'introspecter. Surtout, excusez-la d'avoir la chance de se faire éditer et d'en profiter. Elle le fera en silence la prochaine fois ;)). Mais donc. Si pour écrire un livre (et là je reprends le commentaire sulfureux de Nastasia-B, il faut : " Si je cherche à faire éditer un livre, c'est que mes motivations sont différentes. Soit [avoir] quelque aspiration à la gloire et à la renommée, soit [compter] en vivre et donc [se] faire de l'argent avec, soit [considérer] que ce [qu'on] écrit est réellement une oeuvre d'art, soit — ce qui est pire encore — un mélange des trois. " Et, toujours sur la même ligne : " En fait ces motivations ne me dérangent pas à partir du moment où l'on a affaire à un véritable artiste, quelqu'un qui a un talent de plume rare, suffisamment exceptionnel pour justifier et de la renommée et des retombées financières. " Eh bien nom d'un gnome à trois dents. Je peux foutre au feu la moitié de ma bibliothèque et mettre au bucher plus de la moitié des auteurs et autrices existantes à ce jour... Mais c'est donc ça, la vision de l'écriture, de la littérature, de la bonne lecture ? C'est quoi, il existe un droit de l'écrivain et je n'étais pas au courant encore ? Je suis désolée, mais je crois que j'ai dégobillé une part de mon petit déjeuner. Nastasia, ton avis est le tien et je le respecte, mais ce passage-ci, ça m'est impossible tellement cette réflexion est basse, médiocre. C'est gerbant, en fait.
                            Ce livre est magnifique et imparfait, il ne convient pas à tout le monde. Comme n'importe quel ouvrage, il a son public. C'est un ouvrage froid, écrit comme il a été pensé : c'est-à-dire simplement... et difficilement. Ce livre est un paradoxe, bourré d'incertitudes et de certitudes. De questions et de réponses qui se chevauchent et qui se percutent en permanence. Et oui, ce livre est pudique malgré ce qu'il dévoile. Mais en fait, dévoiler sa vie privée, c'est le principe même d'une biographie, c'est aussi le principe même des livres "témoignage". Si on a un problème avec ce genre, on évite d'y mettre le nez. Tout simplement.

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