Mafioso de Ray Celestin

Mafioso de Ray Celestin

Publié aux éditions du Cherche-midi,

New York, 1947 : un mystérieux tueur assassine de sang-froid tous les occupants d'un hôtel de Harlem. On parle d'un meurtre rituel, lié au vaudou. Un suspect est arrêté, condamné. Une ancienne détective de l'agence Pinkerton, Ida Davis, et le patron d'un club en vogue de Manhattan, Gabriel Leveson, se retrouvent mêlés à l'enquête. Ils découvrent bientôt avec effroi que l'affaire est liée à une série de meurtres bien plus importante, impliquant le crime organisé et la haute société de la ville.

J'ai une fois de plus profité du confinement pour sortir ce joli pavé de ma PAL. Je ressors plutôt mitigée de cette lecture qui n'a pas su m'emballer plus que ça.

En 1947, un massacre est commis dans un hôtel de Harlem. Le fils de Michael Talbot est arrêté sur les lieux du crime. En sa possession: de la drogue et de l'argent. Michael ne croit pas une seconde en la culpabilité de son fils qui risque la peine de mort. Il fait alors appel à Ida, détective privée, pour mener l'enquête. Parallèlement, Gabriel Leveson, mafioso, cherche à tout prix à raccrocher pour se mettre à l'abri avec sa nièce Sarah. Mais son boss, le chef de la mafia New-yorkaise Costello, lui demande un dernier service: retrouver deux millions de dollars.

On ne peut pas dire que l'intrigue de ce roman soit simple et banale. Au contraire, elle est extrêmement complexe et les fils des différentes histoires sont très resserrés. On suit donc les deux intrigues en parallèle: l'enquête de Michael et Ida et la quête de Gabriel pour retrouver les millions de dollars perdus. Et c'est tellement complexe, que c'en est parfois embrouillé. Ray Celestin nous catapulte au milieu d'une guerre entre les familles mafieuses et c'est parfois bien difficile de se repérer! L'intrigue qui concerne le fils de Michael Talbot met pas mal de temps à décoller et il faut attendre la moitié du roman pour que les choses sérieuses se mettent en branle. Et finalement, je n'ai pas saisi tous les tenants et aboutissants de ces deux quêtes. L'auteur a laissé, selon moi, trop de zones d'ombre, qui restent non élucidées à la fin de l'affaire.

Le gros point fort du livre reste cependant son contexte. J'ai adoré ce New-York de l'après-guerre. Ray Celestin nous fait lire une vraie histoire pleine de gangsters et de mafioso comme on peut se l'imaginer. New-York est un personnage à part entière avec ses températures glaciales, ses ruelles sombres et ses trafics en tout genre. A cette époque, c'est une ville vraiment dangereuse avec des quartiers plus que sensibles: le Bronx, Harlem, le Queens sont gangrenés par la drogue, la prostitution, l'alcool. La police est corrompue la plupart du temps et la mafia règne en maîtresse sur tout cela. Ray Celestin a nourri son intrigue d'anecdotes véridiques et il s'est appuyé sur des faits et des personnages réels, donnant plus de poids à son propos. J'ai aimé le fait que le côté mafia n'était jamais " glamourisé ". C'est un milieu sans pitié, cruel et brutal.

Ray Celestin fait aussi la part belle au monde du spectacle: les boîtes de nuit, la fête, le jazz. New-York est avant tout la ville qui ne dort jamais. On sent que l'auteur s'est fait plaisir en glissant des chapitres dédiés entièrement à Louis Armstrong. Ces chapitres n'apportent d'ailleurs rien à l'intrigue mais viennent plutôt contribuer à l'atmosphère du roman tournée en partie vers la musique. J'ai cependant aimé me promener de bar en bar, profiter des caves pour écouter un morceau de jazz et voir toute cette effervescence festive.

" Mafioso " est donc une lecture en demi-teinte pour moi. Si j'ai aimé l'ambiance du roman, j'ai trouvé que l'intrigue était parfois brouillon et qu'elle laissait au final trop de questions en réponses.


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