Yardam

Yardam

À Yardam, la folie est sexuellement transmissible.
Dans l’espoir d’endiguer l’épidémie, la population est mise en quarantaine, isolée du reste du monde.
Le virus n’a pas épargné Kazan. À l’image de la ville qui s’enfonce dans le chaos, il sombre lentement.
Pour s’en sortir, il serait prêt à toutes les extrémités, y compris à manipuler Feliks et Nadja, un couple de médecins étrangers venu s’enfermer volontairement dans la cité pour trouver un remède. Dans son désespoir, il va accomplir le pire…

4/5 – 

Difficile d’écrire un avis sur un livre aussi particulier que Yardam et son univers envoûtant, étrange et parfois bizarre… mais tant qu’à faire, autant essayer et te donner envie d’y jeter un coup d’oeil.

L’intrigue de Yardam est ce qui m’a immédiatement donné envie de le lire : la folie comme MST est une chose inédite dans la fiction pour moi, que l’idée vienne en plus de Wellenstein dont j’ai adoré les autres romans m’a carrément rendue impatiente à l’idée de découvrir ce qu’elle avait bien pu inventer cette fois. La première chose qui m’a sauté aux yeux en commençant cet ouvrage, c’est qu’il n’a rien à voir avec ce que j’imaginais : je m’attendais à de la SF en mode dystopie pure et dure… et c’est tout l’inverse que j’ai eu. Est-ce que ça m’a gênée ? Vu comme c’est mené, clairement pas et passé le premier choc j’ai dévoré le reste comme sur des roulettes. Les événements s’enchaînent, il y a des longueurs vers le milieu et l’intrigue se traîne un peu parfois mais le côté sombre et l’ambiance angoissante du roman fait qu’on ne les remarque même pas. J’ai eu l’impression de m’enfoncer moi-même dans la folie en avançant dans ma lecture tant les idées de l’autrice sont envahissantes et s’infiltrent dans les esprits : c’est une particularité que j’avais déjà remarqué avec Le dieu oiseau notamment, mais elle saute clairement aux yeux ici. Je me suis sentie impliquée, concernée par ce que vivent les personnages et mon coeur a failli lâcher une bonne dizaine de fois à chaque chapitre mais bon je pardonne l’autrice parce que je l’aime bien. Un peu. Faut juste éviter l’arrêt cardiaque, je suis plus toute jeune.
Un point plus négatif tout de même, c’est toutes les questions qu’on a et qui restent pour la plupart sans réponses. Je commence à avoir l’habitude avec Wellenstein qui préfère souvent laisser la place à l’imagination, mais j’ai trouvé particulièrement frustrant dans ce contexte le fait de n’avoir rien à se mettre sous la dent. J’en veux encore quoi, t’as compris.

Dans sa vision, ce fut un coup de tonnerre.
Dans la réalité, un coup de fusil.
Toutes les voix hurlèrent ensemble.

Le point fort de l’autrice, ce sont surtout ses personnages en général et elle ne se rate pas ici non plus : oscillant à la limite de beaucoup de questions morales, Kazan est un personnage que j’ai trouvé fascinant du début à la fin. Ses choix sont parfois discutables, j’ai eu du mal à le cerner, je l’ai détesté par moments, eu envie de lui faire un câlin à d’autres pour mieux le gifler ensuite… J’ai rarement eu des sentiments aussi contradictoires pour un personnage et ça peut en rebuter certains mais j’adore le fait que le héros n’en soit pas toujours un, qu’il fasse des erreurs et flirte avec ses propres démons (presque littéralement d’ailleurs). Outre le protagoniste très bien développé, on a aussi d’autres personnages dont l’histoire sert véritablement au récit même si j’ai parfois moins accroché avec eux. Mais t’inquiètes pas, si tu ne les aimes pas trop non plus Kazan se chargera de t’en faire voir de toutes les couleurs.

Bref, la propagande pour te faire lire Wellenstein continue. Son écriture est divine.

PS : Yardam est un roman ADULTE, il y a des scènes de sexe, des mentions de viol, de la bonne grosse violence et c’est parfois très glauque. T’es prévenu(e), bisous.

Merci à Scrineo pour l’envoi ! 


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