Cotton County de Eleanor Henserson

Cotton County de Eleanor HensersonCotton County

Titre original : The twelve-mile straight

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Amélie Juste-Thomas

Eleanor Henderson

Albin Michel

20 mars 2019

656 pages

Nous sommes en Géorgie au début du vingtième siècle, au temps de la prohibition et au début de la Grande Dépression. Il y a un blanc grand propriétaire, des métayers blancs, des noirs pauvres et exploités, des noirs lynchés et des secrets bien gardés.

Nous commençons l’histoire par la naissance de jumeaux étranges (une petite fille blanche et un petit garçon mulâtre) puis par le lynchage d’un homme noir accusé d’avoir violé la mère.

Je n’en dirai pas davantage. Cela situe le contexte, on a envie de se plonger dans ce monde ou pas. Moi, j’en ai eu envie.

Des romans sur la ségrégation raciale dans les états du sud des Etats-Unis, il y en a pléthore. Ce qui est intéressant c’est leur manière d’évoquer ce thème. L’originalité, ici, c’est la narration. Les mêmes événements sont racontés à plusieurs reprises sous des angles de vue différents, et chaque récit apporte au lecteur de nouvelles informations ou éclaire le récit précédent. Cela met en évidence la différence de perception que l’on a des situations selon l’endroit où l’on se place. Un personnage peut comprendre ce qu’il voit à sa manière, et un autre aura un avis différent parce qu’il n’aura pas vu ou entendu la même chose que le précédent.

Tout au long du roman, l’auteur va nous promener au milieu des secrets, sans trop en dire à chaque fois, elle distille le poison petit à petit jusqu’à une fin qui apporte des révélations douloureuses et étonnantes.

C’est un livre qu’on démarre par un coup de poing en pleine figure, et qu’on poursuit dans un climat de tension très palpable. C’est un livre oppressant et marquant. On peut être surpris au détour d’une phrase alors qu’on ne s’y attendait pas, et puis on peut enchaîner des pages pendant lesquelles il ne se passe pas grand-chose, juste une atmosphère, mais qui tient subtilement en haleine. On se tient aux aguets, en retenue.

Une promenade dans le temps, des va-et-vient incessants, un chemin sinueux mais qui ne perd pas son lecteur. Un bon roman !


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