Eric Chevillard : Oreille rouge

Eric ChevillardEric Chevillard, né en 1964 à La Roche-sur-Yon, est un écrivain français auteur de très nombreux ouvrages. Son roman, Oreille rouge, date de 2005.

Le héros du roman est un écrivain invité au Mali pour une résidence d’écriture. Certains sauteraient au plafond d’excitation, pas lui. Notre homme aime ses habitudes et n’est pas un fanatique des voyages (« Au nom de quoi faudrait-il partir ? Et s’il était plus aventureux de rester ? ») mais finalement il va se décider favorablement. Déjà on commence à cerner le bonhomme, les préparatifs ne sont pas une mince affaire pour lui, passeport, vaccins, penser à emporter tout un tas de médicaments… Un début d’intérêt pour ce voyage commence à poindre quand il annonce autour de lui qu’il va partir pour l’Afrique, ça lui donne une petite importance.

Un gentil petit roman qui a certainement beaucoup amusé Eric Chevillard quand il l’a écrit. Le texte est en trois parties, avant, pendant et après le voyage, fait de très courts paragraphes enchainant faits et réflexions divers, toujours sur un mode humoristique léger (« La grenouille ne risquait pas de se faire aussi grosse que le bœuf dans la fontaine : la chose eut donc lieu dans le fleuve. »).

Le thème du bouquin est donc le voyage. Le voyage vers l’exotique Afrique et qui plus est, par un écrivain sensé en retirer quelque chose, genre littérature de voyage. Notre homme se propose ainsi d’écrire le grand poème de l’Afrique, pas moins. Vous l’avez compris, Eric Chevillard fait dans la satire, satire douce et molle, mais satire quand même.

Muni d’un petit carnet en moleskine, l’arme absolue de l’écrivain-voyageur, notre homme au Mali y consigne des faits insignifiants, compile les idées reçues et les images convenues, tout en s’imaginant et s’étonnant lui-même d’être un grand voyageur. Venir ici et ne pas croiser d’hippopotames, serait une hérésie, vous allez tout savoir du bestiau en lisant ce bouquin. De retour en France, tout comme les soirées diapos d’autrefois saoulaient les malheureux amis conviés, la ramener sans arrêt pour tout et n’importe quoi, en se référant au Mali finit par lasser les proches les plus aimables.

Notons que certains passages sont assez poétiques, litote polie pour dire qu’on ne comprend pas trop ce que veux dire l’écrivain à cet instant. Alors que dire pour conclure ? Certes c’est amusant et souvent bien vu mais comment dire, c’est un peu lisse, ça manque d’aspérités (dans le sens positif ou négatif) pour en faire une tartine.


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