Bienvenue au motel des Pins perdus, de Katarina Bivald

Bienvenue au motel des Pins perdus, de Katarina Bivald

AUTEUR: Katarina Bivald (traduit du suédois par Lucas Messmer)
TITRE: Bienvenue au motel des Pins perdus
ÉDITEUR, ANNÉE: Denoël, 2019
NOMBRE DE PAGES: 576 pages.

Résumé:
« On meurt tous un jour… pas forcément dès le premier chapitre! C’est pourtant ce qui arrive à Henny. Mais elle se refuse à quitter notre monde sans avoir accompli une dernière tâche : retrouver, réconcilier et rendre heureux ses anciens amis. 

Drôle, farfelue et émouvante, Henny est l’amie qu’on rêve d’avoir à ses côtés… vivante de préférence! »

Lors des dernières semaines de 2018, j’avais un peu de mal côté lecture. Je commençais plusieurs romans, mais j’avais bien du mal à les finir. Non qu’ils soient inintéressants, mais je n’avais pas la tête pour cela. Puis j’ai reçu ce roman, avant sa sortie pour le mois de février. Si vous êtes des habitués de mon blog, vous savez que j’ai quelques à priori pour les histoires « Feel Good » qui ont parfois tendance à aller dans le « tire-larmes ». Pourtant, à ma grande surprise, ce roman a réussi à me sortir de ma spirale infernale de « lecture non finie ».

Henny, la narratrice de ce récit, meurt dès les premières pages. Jeune femme vive, toujours de bonne humeur et prête à venir en aide aux gens, sa perte est douloureuse pour ses proches. C’est donc à travers son regard, en tant que fantôme, que nous serons témoins des conséquences de sa disparition au sein de sa famille, de ses amis mais aussi dans la petite ville où elle a toujours vécu.

Je me souviens des différents moments où j’ai lu ce roman: dans mon salon, dans les transports, quelques minutes par ci, quelques minutes par là… Ce fut une lecture étalée sur plusieurs jours. Pourtant, cela ne m’empêchait pas d’apprécier de retourner dans la petite ville de Pine Creek. Sous une plume agréable, j’ai eu la sensation de partager la vie de ses habitants. Malgré le deuil, la culpabilité, la colère latente, le déni et entre événements passés et présents, on y lit aussi des moments de tendresse, d’amitié, de partage, d’un amour qui s’éveille… Bref ! La vie dans toutes ses nuances.

Alors oui, le fil conducteur du récit, se résume à la mort d’Henny et ses répercussions. Ne vous attendez donc pas à des révélations inattendues ou des retournements de situation. Et, bien sûr, vous retrouvez les quelques « ficelles » habituelles des romans Feel Good (un personnage principal plein de bons sentiments, presque parfait, au destin tragique ; le fameux message qu’il faut profiter de chaque instant de sa vie, les proches qui renouent les liens etc… ). L’élément qui donne une dynamique au récit, c’est le combat mené par Henny et ses amies, au temps du lycée, contre une loi rétrograde sur l’homosexualité et qui, malheureusement des années plus tard, montre que la lutte doit continuer contre l’homophobie de plusieurs habitants. Le thème transgenre est y aussi présent, mais pas de manière approfondie, à travers le personnage de Camila.

En faîte, la force de ce roman se constitue surtout à travers les échanges entre les différents personnages. Et en parlant de personnage, si je devais en citer qu’un, ce serait, sans aucune hésitation, Mackenzie. Pleine de fougue, téméraire et qui n’a pas peur de mettre les pieds dans le plat, quitte à avoir une grande partie de la ville contre elle, c’est une protagoniste qui ne peut pas vous laisser indifférent. Je comprenais le sentiment d’Henny de se sentir parfois effacée face à la forte personnalité de cette jeune femme. Malheureusement pour elle, cela ne se limite pas seulement auprès de Mackenzie, car il faut l’avouer, Henny est peu marquante par ses actions limitées et sa présence ne semble pas vraiment nécessaire à part d’être la narratrice.

Conclusion:

Pour conclure, malgré quelques petites longueurs et une héroïne aussi effacée qu’un fantôme (jeu de mots naze), j’ai apprécié cette excursion à Pine Creek, me fondre un instant au sein de cette communauté, suivre ses personnages et le sentiment d’apaisement des dernières pages.

C’est un roman « Feel Good » assez classique, certes, mais qui pourra plaire à ceux appréciant le genre et le côté « tranche de vie »

Pour ma part, cela restera une lecture apaisante, qui m’a tenue compagnie durant ma période « léthargique »

(Image à la une de Toshinori Miyagawa )


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