La correction

La correction

La correction - Élodie Llorca

Rivages (2016)
Prix Stanislav du premier roman (2016)
François, le narrateur a trente-sept ans. Après avoir travaillé huit ans dans une papeterie, il a suivi une formation de correcteur, sur l’incitation de sa mère. Ensuite, il a exercé son nouveau métier en free-lance puis a été embauché à La Revue du Tellière, où il traque depuis trois ans les coquilles dans les articles avant leur parution. La revue est dirigée par Reine, une femme un peu androgyne qui l’attire et lui fait peur à la fois. François est marié avec Marie, ils n’ont pas d’enfant, ils ont eu un chien mais Marie l’a confié à sa mère, prenant seule cette décision. Leur mariage bat de l’aile, ils ne se parlent pratiquement plus, communiquant souvent par Post-It. Aucune animosité entre eux, c’est plutôt de l’ennui, une usure s’est installée. Le décès soudain de la mère de François sept mois auparavant est sans doute pour beaucoup pour expliquer la forme de dépression où il semble s’installer.
 Un matin, à son bureau, il découvre dans un texte qu’il a déjà corrigé de nouvelles coquilles. Comment a-t-il pu les laisser passer ? Ou bien serait-ce Reine qui les auraient introduites dans le document ? Dans quel but ? Toujours très perplexe, il sort dans la rue pour prendre une pause et découvre dans le caniveau un oiseau affaibli mais encore en vie. Sans réfléchir, il le recueille et le ramène chez lui.

Page 45 :
Avec lui dans ma poche, j’éprouvais aussi une excitation nouvelle, celle de l’enfant qui a trouvé un trésor, dont il pourra d’autant plus profiter que lui seul sait qu’il le possède. J’avais découvert un talisman qui m’attendait depuis longtemps.

Lorsque j’ai aperçu ce livre sur un présentoir à la médiathèque, il m’a semblé que j’en avais déjà entendu parler, sans me rappeler précisément où. Un rapide coup d’œil à la quatrième de couverture, le sujet m’a intéressée, je l’ai emprunté.
Moins de 200 pages, il se lit rapidement, il est bien écrit, on plonge assez facilement dans l’univers de François, dans ses interrogations, sans comprendre vraiment les images qu’il convoque, ces oiseaux comme le cincle plongeur ou l’outarde houbara ou encore ce tableau d’Edward Hopper, Nighthawks.
C’est manifestement un homme perdu, indécis, qui a toujours été soumis à la volonté des femmes de son entourage. Sa mère était malade depuis longtemps et le départ de son père, un tailleur de pierres, lorsqu’il eut dix-sept ans, le laissa seul face aux bizarreries maternelles d’abord puis à son décès dans des circonstances violentes qu’on découvre au long du récit. Face à sa femme, là non plus, il n’a pas vraiment eu son mot à dire, c’est elle qui a pris l’initiative et qui continue à le faire. Quant à Reine, même si elle lui inspire une attirance certaine, elle demeure inaccessible, tantôt lointaine et autoritaire, tantôt empathique et bienveillante.
L’histoire commence bien ancrée dans la réalité, lorsque François s’alarme de sa découverte de coquilles dans son texte déjà corrigé et puis, au fur et à mesure de la progression de l’intrigue, l’univers devient plus onirique, on ne sait pas toujours ce qui est vrai et ce qui n’est qu’illusion. Et cet oiseau à l’éclat métallique et aux ailes aiguisées, quel est-il réellement, que symbolise-t-il ?
À la première lecture, j’ai compris certaines choses de l’histoire que voulait nous raconter Élodie Llorca mais je sentais bien que m’échappaient encore des clés, un certain flou persistait malgré la chute qui éclaire un peu le lecteur. J’ai cherché alors sur Internet des avis sur ce livre, des interviews de l’auteur pour tenter de comprendre son but et de découvrir sa source d’inspiration. C’est d’ailleurs ce que je recherche très souvent après la lecture d’une histoire au sujet un peu inhabituel ou mystérieux.
C’est la chronique du blog de Femmes de lettres qui m’a mise sur la voie et m’a permis d’entamer une deuxième lecture sur une nouvelle base, de mieux appréhender le sens de ce roman. L’interview d’Élodie Llorca sur le site de L’Humanité m’en a appris un peu plus sur l’auteur, ou devrais-je dire l’autrice si je suis le conseil de l’auteur du blog Femmes de lettres.
J’ai alors mieux perçu ce qui se cache derrière les corrections détectées par François, comme page/cage, comme celle qu’il découvre à la fin de l’histoire ou par celle que suggère Femmes de lettres. N’oublions pas non plus de revenir au sens premier de la coquille.
En résumé, une belle réussite que ce premier roman d’Élodie Llorca, dramaturge et comédienne, dont sort en cette rentrée d’automne 2018 un nouveau livre Grand Bassin, dont on dit déjà du bien ou pas.
Page 83 :
Je saisis dans ma bannette mes copies de la veille afin de rentrer dans l’ordinateur les corrections que j’avais à y apporter. Cette tâche me prit deux bonnes heures. Je rectifiais un barbarisme, « Il est parti à l’anglaise » au lieu d’« Il a filé à l’anglaise », trahissant peut-être le désir du journaliste d’en finir au plus vite. Également, une pléthore de fautes de grammaire et de conjugaison – tel l’emploi de ce subjonctif abusif : « Malgré qu’il soit fatigué », ou encore cette conjugaison ratée : « J’ai été » au lieu de « Je suis allé » - et, pour finir, je butai sur cette expression malheureuse : « Ceci dit », employée à la place de « Cela dit ».


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