le calame noir, Yasmine Ghata (RL18)

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Le calame noir, Yasmine Ghata (RL2018)

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La rentrée littéraire commence en douceur pour moi, avec un premier titre « Le calame noir » de Yasmine Ghata. Avant d’aller plus loin, je souhaiterais remercier les éditions Robert Laffont pour l’envoi du livre.

Parmi la foule de titres sortis et remarqué pour cette RL, il y a eu celui-ci. L’auteure promet la découverte d’un artiste oublié par l’Histoire et la propre histoire de son pays, à travers un point de vue originale : Suzanne, que vient hanter le fantôme de la fille du peintre lors de la visite d’une exposition au nom de son père. Voyage au XVe siècle, traversés de grandes steppes et pigments sont donc au menu du jour.

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Siyah Qalam était tout pour sa fille. Un symbole, presque un dieu vivant. Mais aux yeux des contemporains, qui était-il ? Un artiste, amoureux de la steppe aux services de plusieurs seigneurs, parfois incompris. Encensé, respecté, il connut aussi la chute, la honte et la pauvreté avant de mourir dans l’indifférence générale. Mais ceci n’est que la surface du livre puisque le sujet est tout autre. Le père. L’auteure parle de paternité et de relation père / fille avec une rare justesse. Aygül idolâtre son père, sa dernière famille. Impossible pour elle d’être libre et de vivre tant la présence paternelle, influe sur ce qu’elle est. Même ses choix de vie sont imprégnés.

En parallèle il y a le deuil, et on le ressent également avec Suzanne, personnage effacé pour laisser toute la voix à Aygül. Ces rares moments de paroles montrent une femme vide et seule, comme la fille du peintre. Les deux femmes sont totalement perdues, refuse leur deuil et refuse un peu de vivre. Ecrit comme un conte oriental, Le calame noir est beau et prend son lecteur par la main pour lui montrer une culture différente de la sienne, tantôt cruel, tantôt douce sans jamais poser un jugement.

J’ai passé un joli moment et j’ai souvent fait le parallèle avec ma propre relation paternelle. Une fille symbolise souvent son père en le déshumanisant et le livre fait très bien prendre conscience.

Un beau conte oriental sur un peintre en marge de son époque qui vivait à travers les yeux de sa fille. Yasmine Ghata, écrit avec justesse et beaucoup de poésie sur les relations père / fille. Un livre à lire en prenant le temps afin d’apprécier toute la richesse de l’écriture de l’auteure. 


9782221215012ORI

Edition Robert Laffont

182 pages

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* Les liens d’achats ne sont pas affiliés par respect pour l’auteur / maison d’édition qui m’aura proposé la lecture
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