Lydie • Jordi Lafebre et Zidrou

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Éditions Dargaud, 2010 (60 pages)

Ma note : 13/20

Une jolie couverture sépia. La promesse d’une plongée dans les années 20/30. Cela faisait déjà un petit moment que j’avais grandement envie de me lancer dans la lecture de ce roman graphique, et autant le dire : j’ai très bien fait. L’histoire est bouleversante, triste mais lumineuse. J’ai donc réussi à être touchée. Une petite pointe de mélancolie est même restée une fois ma lecture terminée, je ne m’y attendais pas vraiment. D’où peut-être ma note, un brin sévère malgré la claque que l’on reçoit face à cette lecture. J’avais peut-être tout simplement envie d’autre chose qu’un climat tristounet à ce moment là… Je pense pour autant la relire un jour, et je vous la recommande chaudement.

Impasse du bébé à moustaches. Camille, une jeune fille, vit avec « papa tchou-tchou » au 3 bis. La jeune femme attend un bébé. Pour autant, nul ne sait qui en est réellement le papa. Les ragots vont bon train. Le père de Camille, un conducteur de train veuf et inconsolable, veille soigneusement sur sa fille. D’autant plus lorsqu’un drame touche la famille : Camille met au monde Lydie, qui ne survit pas. Tout du moins jusqu’à ce que six mois plus tard, Camille annonce fièrement le retour de son enfant. Stupéfaits, les voisins découvrent que la jeune femme hallucine la présence de son bébé. Tous vont cependant jouer le jeu, faisant vivre Lydie chacun à leur manière.

J’ai ressenti beaucoup d’empathie pour Camille. Du côté des auteurs, un regard très tendre est posé sur son handicap (la jeune fille apparaît simplette, mais le cœur débordant d’amour). Les personnages secondaires sont plutôt changeants, passant ainsi des moqueries, du rejet, à la bienveillance. Ce roman graphique m’a beaucoup fait réfléchir sur le but et les conséquences de certains mensonges (surtout quand on s’imagine mentir pour protéger l’autre). Si je m’attendais à un tout autre final, je dois dire que je n’ai pas été déçue pour autant. Celui-ci est parfait, et offre quelques clés pour mieux comprendre le personnage de notre jeune maman.

Les illustrations jouent davantage sur des tonalités sombres, se mariant parfaitement avec le scénario imaginé par Zidrou. C’est donc une réussite. En bref, je conseille ce roman graphique aux adeptes des années 20-30. Je m’attendais à une intrigue moins sombre, elle pourrait même être assez difficile en fonction des mains dans lesquelles elle se retrouve. Le final, lui, ne manque pas de poésie.

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