Deux frères pour un meurtre

Le crime qui est le tien

Le crime qui est le tien (Philippe Berthet – Zidrou – Editions Dargaud)

Dubbo City est un bled paumé de Nouvelle-Galles du Sud, en Australie. Une petite ville de province écrasée par la chaleur, dans laquelle il ne se passe quasiment jamais rien. Demandez à Pulitzer, la journaliste locale. Mais là, ça va changer! Deux jours avant Noël, le marchand de bonbons Ikke Hopper, un homme a priori au-dessus de tout soupçon, décide sur son lit de mort de « lâcher une bombe façon Hiroshima ». Dans sa lettre d’adieu, il révèle que vingt-sept ans plus tôt, c’est lui qui a tué sa belle-soeur Lee de 67 coups de couteau. Une information ahurissante, dont la principale conséquence est d’innocenter Greg, le frère d’Ikke, que tout le monde soupçonne depuis toujours d’avoir tué sa femme, et qui est en cavale depuis lors. Il faut dire que Greg avait toutes les raisons de vouloir tuer sa jolie épouse, elle qui le trompait avec la moitié des hommes de la ville. « Quand je pense que cela fait 27 ans que je poursuis un innocent… », soupire le shérif Neville McGhee, dont la carrière a été quasiment entièrement consacrée à la poursuite de Greg, le menant même jusqu’au Japon. Le fugitif n’était pourtant pas bien loin: pendant toutes ces années, il s’est caché dans le bush australien sous une fausse identité. Devenu Thomas Wentworth, Greg a vécu pendant 27 ans une vie solitaire d’éleveur de moutons. Finalement, la seule qui l’a suivi dans son exil, c’est Lee, à qui il continue de parler comme si elle était toujours en vie. Il la voit même. Ayant appris les aveux de son frère par la presse, Greg décide de quitter ses moutons pour revenir enfin à Dubbo City, sa ville natale. Mais son retour ne fait pas plaisir à tout le monde. Et surtout, il ne tarde pas à déclencher d’autres révélations!

Le crime qui est le tien (extrait)

« Le crime qui est le tien » est d’abord et avant tout la rencontre de deux grands noms de la bande dessinée belge: d’un côté, le scénariste Zidrou, qui monte en puissance depuis quelques années et qui a décidément une faculté étonnante de varier les genres (il le démontre une fois de plus avec ce polar australien), de l’autre côté le dessinateur Philippe Berthet, dont le style très particulier, tout en sobriété et efficacité, se révèle toujours aussi séduisant, surtout lorsqu’il s’agit de dessiner des jolies jeunes femmes. On savait depuis le succès de la série « Pin-Up » que Berthet avait un faible pour les femmes fatales: le personnage très réussi de Lee nous le confirme une nouvelle fois. Soyons honnêtes: le récit même du « Crime qui est le tien » ne brille pas forcément par son originalité. Même si l’action se situe cette fois en Australie, on a l’impression d’avoir déjà vu ou lu ce genre d’histoires de trahison et de non-dits dans d’autres bleds à l’atmosphère étouffante, en général dans le fin fond des Etats-Unis. Mais la force de cet album-ci est que toutes les pièces du puzzle imaginé par Zidrou et Berthet s’imbriquent à merveille. Naviguant entre passé et présent, Zidrou multiplie les fausses pistes et les faux-semblants pour mener le lecteur jusqu’à une vérité qui, forcément, n’est pas celle qu’on attendait. Un « one-shot » très réussi donc, qui sera certainement suivi par d’autres récits du même acabit puisqu’en rassemblant « Perico » et « Le crime qui est le tien », les éditions Dargaud ont décidé de créer la collection « Ligne noire », une série de polars tous dessinés par Berthet mais avec toujours un autre scénariste.



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