American gods, de Neil Gaiman

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Résumé :

A peine sorti de prison, Ombre rencontre Voyageur, un personnage intrigant. Dieu antique, comme le suggèrent les indices énigmatiques qu'il sème à longueur de temps, fou furieux ou bien simple arnaqueur ? En quoi consiste le travail qu'il propose à Ombre ? En acceptant d'entrer à son service, ce dernier plonge au coeur d'un conflit qui le dépasse, opposant héros mythologiques de l'Ancien Monde et nouvelles idoles profanes de l'Amérique. Mais comment savoir qui tire véritablement les ficelles : ces entités légendaires saxonnes issues de l'aube des temps ou les puissances du consumérisme et de la technologie ? A moins que ce ne soit le mystérieux M Monde.

  • Broché : 603 pages
  • Editeur : J'ai lu
  • Collection : J'ai lu Fantasy

Mon avis :

Férue de mythologies, avec une préférence pour la nordique, on m'a souvent parlé des romans de Neil Gaiman. Si, plus jeune, j'avais lu ses nouvelles Miroirs et fumée sans y adhérer plus que ça, American Gods m'a réconciliée avec le monsieur. Le livre a d'ailleurs reçu pas moins de 5 prix en 2002 : prix Hugo, Nebula, Bram Stoker, pour le meilleur roman ; prix Locus pour le meilleur roman de fantasy et prix Bob Morane pour le meilleur roman étranger. L'imaginaire de Gaiman est riche, très riche. L'auteur manie les mots avec aisance et la traduction par Michel Pagel, écrivain en nos contrées, est fluide. L'histoire se lit donc très vite malgré les 600 pages qui constituent ce petit pavé.

Oui, mais ... Même si le livre présente de solides arguments - l'histoire est prenante (notamment la partie portant sur la disparition d'enfants), certaines scènes à tendance onirico-poétique - j'en suis resortie mitigée. Tout d'abord, je ne me suis pas identifiée au personnage principal. Avec du recul, j'imagine que cela est voulu et, du coup, ici réside un tour de force de Gaiman. Ce personnage, Ombre, subit, ne fait aucun choix qui ne va à l'encontre de ce que les dieux ont décidé quand bien même il en a conscience et en aurait la possibilité. Au fur et à mesure de l'histoire, il se "déshumanise". Au départ homme ayant purger sa peine, il cumule la "malchance" : sa femme meurt la veille de sa sortie de prison ainsi que son meilleur ami qui lui offrait un travail. Adieux les éléments qui faisaient de lui un homme (au sens mythologique du terme, j'entends). La suite, c'est une sorte d'initiation. Les dieux l'entrainent dans une bataille, un orage, un ragnarök opposant les anciens dieux et les nouveaux que sont l'argent, la technologie et information. Mais cette bataille est finalement très vite désamorcée (dommage), mettant en avant, mais ceci n'engage que ma vision de la chose, la force des mots qui confère à la magie

Les dieux justement. Il y en a énormément, issus de diverses mythologies et folklores. Ce grand nombre de personnages complique les choses puisqu'ils peuvent apparaître sous différents noms. Ainsi, à mon humble avis, il convient d'avoir quelques notions afin de ne pas se perdre au cours de la lecture.

Dernier point que j'ai jugé moyen mais qui tient plus de la technique, de l'impression : les coquilles qui jalonnent le texte, arrivant souvent par pair.

Pour conclure, on passe un bon moment de lecture, assez rapide malgré les 600 pages. Cependant, l'accès au texte devient difficile pour qui n'a pas de notions, de connaissances mythologiques. Tout du moins les sous-entendus, les éléments implicites ne seront pas relevés ou bien resteront incompris.

Petit + : Gaiman a écrit un second tome se déroulant dans cet univers mythologique : Anansi Boys qui a, également, remporté certains prix. Peut-être une prochaine lecture.

Poppy