Tout ce que j'ai perdu m'appartient

Tout ce que j'ai perdu m'appartient
Roger Wallet est un auteur discret. C’est également un véritable touche à tout, passionné de théâtre (il a dirigé le théâtre de Compiègne), de marionnettes ou de tennis de table. Il profite aujourd’hui de sa retraite pour animer de nombreux ateliers d’écriture en milieu scolaire ou avec des adultes. Ceux qui ont eu la chance d’assister à ces ateliers savent à quel point l’homme est exigeant et s’implique sans compter dans les nombreux projets qu’il mène de front.
Depuis la parution de son premier roman (Portraits d’automne, toujours disponible en Folio à 3 euros) en 1999 qui lui valu un passage remarqué chez Bernard Pivot la même année, difficile de suivre sa trace chez les petits éditeurs qui ont eu la chance d’accueillir ce très grand nouvelliste.
C’est d’ailleurs chez l’un de ces éditeurs qu’est paru en 2007 un magnifique recueil au très beau titre : Tout ce que j’ai perdu m’appartient. On retrouve dans ces onze nouvelles tout ce qui fait la force de l’écriture de Roger Wallet : un style direct et simple, des phrases courtes et surtout la mise en scène des petits riens de la vie quotidienne à travers des personnages attachants qui pourraient être nos voisins ou nos collègues de bureau. Ne cherchez pas ici l’emphase ou le clinquant. A l’image du ciel picard sous lequel l’auteur vit depuis des décennies, ce recueil aspire à la mélancolie et rend hommage à l’univers souvent un peu triste des petites gens.
Roger Wallet le reconnaît avec simplicité : son adoration pour Carver et Michon se ressent dans son écriture. Et c’est pour moi loin d’être un défaut !
Tout ce que j’ai perdu m’appartiens, de Roger Wallet, Éditions du petit Véhicule, 2007. 13 euros.
L’info en plus : les éditions du Petit Véhicule qui publient ce recueil sont une petite structure basée à Nantes. On trouve notamment au catalogue les incontournables Cahiers d’études Léo Ferré. http://www.petit-vehicule.asso.fr/index.php