Legacy of Gods, Tome 1 : God of Malice de Rina Kent

Legacy Gods, Tome Malice Rina Kent
Résumé :Il est le prédateur. Elle est la proie qui refuse de fuir.
Glyndon King n'a jamais eu l'impression d'être à la hauteur. Jusqu’au jour où Killian Carson entre dans sa vie. Charismatique et insaisissable, il trompe tout le monde. Tout le monde… sauf elle. Glyndon perçoit ce que les autres refusent de voir : l’homme froid, manipulateur, dangereux. Pourtant, malgré la peur, il l’attire plus que de raison.Alors qu’ils font partie de deux universités rivales, de deux familles ennemies, et cachent des secrets plus sombres que la nuit, Killian pourrait bien être le seul à la voir vraiment. À la choisir. Elle. Pour ce qu’elle est. Mais lorsque leurs passés s’entrechoquent,
révélant des vérités dérangeantes, leur lien vacille. Et quand les masques tombent, il ne reste plus que deux âmes brisées condamnées à se sauver… ou à se détruire.
Attention : cette histoire est une dark romance qui n’entre pas dans les codes de la romance classique : romance y rime avec violence, et certaines scènes peuvent surprendre un lectorat non averti.
Mon avis :
Avant d’entrer dans le vif du sujet, il convient de rappeler que ce livre s’adresse à un lectorat averti en mesure de mettre une distance entre ce qui est présenté et la réalité. Ici, il n’est pas question d’une quelconque apologie de la violence ou des relations toxiques. Cette fiction décrit des relations évidemment problématiques, où la violence est omniprésente, la notion de consentement est inexistante. Cela dit, il ne s’agit pas de la juger ou de la comprendre (autant stopper les vagues avec ses mains), il s’agit d’apprécier (ou non) la façon dont l’auteur imagine cette histoire et la raconte avec ses tenants et ses aboutissants. Ses enjeux et ses dommages directs et collatéraux.

Une histoire qui nous donne à voir et à rencontrer Killian Carson, un personnage dénué d’émotions et particulièrement doué dans l’adaptabilité pour se rendre socialement acceptable dans notre société. Il va rencontrer Glyndon King, notre héroïne, à un moment de grande vulnérabilité et en faire son jouet dans un premier temps, avant de réaliser qu’avec elle, il peut être lui-même. Cela lui permet à elle aussi de mesurer qu’avec lui, elle peut être elle-même, et qu’il y a vraiment quelque chose de l’ordre de la réciprocité qui va se mettre en place entre les deux personnages. C’est plutôt intéressant parce qu’elle va gagner en confiance et lui va gagner en douceur.
La grande problématique de ce livre est son entrée en matière.J’ai commencé cette histoire il y a plusieurs mois et ce premier chapitre ne m’avait vraiment pas donné envie de continuer. Je m’étais arrêtée là et c’est vraiment dans mon marathon pour terminer mes lectures en cours, en lisant plusieurs avis sur Goodreads, que j’ai décidé de reprendre ma lecture.
Et lors de ma reprise de lecture, cette scène d'entrée m'a fait le même effet : elle est particulièrement problématique.D’autant plus que les personnages sont très jeunes (elle a 19 ans) bien qu'ils soient étudiants, et que la scène se déroule à un moment de vulnérabilité suprême de l'héroïne ! Franchement, ça me dépasse : on n'est pas juste dans une relation non consensuelle sans communication préalable (ce qui est déjà problématique) : quand la scène a lieu, ils ne se connaissent pas et il n'y a pas de jeux entre eux, Killian contraint Glyndon à une fellation pour lui permettre d'échapper à une chute mortelle !
Et si l'autrice avait voulu débugger le truc, elle aurait reproduit la scène au même endroit plus tard dans l'histoire au sein d'un jeu où le consentement est posé entre les personnages. Éthiquement, on n'est pas dans de la transgression des limites, ce grand écueil de la dark romance, non, éthiquement : c'est la merde !
Même si l’autrice glisse quelques pages plus loin que l'agression subie fait partie des kinks de Glyndon, Killian, lui, ne le savait pas ! On est sur "il ne savait pas mais elle aime ça", un narratif dangereux utilisé dans la culture du viol pour excuser les agresseurs. L'autrice est maligne, avec cette petite phrase glissée par Glyndon au passage d'une conversation avec ses copines, elle nous dit que l'agression qu'a subie Glyndon est un de ces kinks (et non qu'elle réalise ensuite que cette agression fait écho à ses kinks). Tu vois la nuance ? C'est l'illustration parfaite qui nous rappelle que la dark romance est réservée à des publics avertis qui mesurent qu'ici il y a agression et pas juste "transgression des limites vendue comme du désir", ce qui banalise des agressions sous couvert de "passion".
Et même si l'autrice fait verbaliser à l'héroïne ce qu'elle a subi : elle parle elle-même d'agression et de viol, elle glamorise aussi ce qu'elle a ressenti, et cela pendant la scène de violence. La dissonance est brutale. Glyndon nous parle beaucoup de son psy, mais à aucun moment elle n'aborde cette question avec lui… Cela aurait pu débloquer la situation, avec un discours cohérent et lucide, mais non, l'autrice ne va pas dans cette direction.
Malgré cela, je reconnais que la suite est intéressante d’un point de vue psychologique et pour tout ce que l’autrice apporte aux personnages et à leur relation avec leurs sentiments qui apparaissent progressivement. Elle met aussi des mots sur certaines choses autour de la rivalité dans une fratrie, des enjeux de réussite... ce qui permet d’apporter une réflexion supplémentaire à leur dynamique.
Mais pour moi, ce premier chapitre reste difficile à dépasser et il a vraiment conditionné ma première impression de l’histoire.
Au plaisir. Legacy Gods, Tome Malice Rina Kent
Aux survivantes : On vous croit. Toujours. #MeToo.
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