Undead iron fist : danny rand d'entre les morts

Undead iron fist danny rand d'entre morts
 Paru ces jours ci chez Panini Comics, Undead Iron Fist part d’une idée simple, mais que les lecteurs de comics de super-héros connaissent bien : que se passe-t-il lorsqu’un personnage important et mort refuse de rester dans sa tombe ? Danny Rand, l’Iron Fist historique de l’univers Marvel, revient d’entre les morts pour une ultime mission. Ressuscité par une mystérieuse puissance liée aux dragons, il dispose de peu de temps pour accomplir sa vengeance et empêcher l’effacement définitif de l’héritage des Iron Fist. Une course contre la montre qui entraîne le héros dans les bas-fonds de New York, infestés de démons, avant de le conduire vers l’ennemi responsable de sa chute. Jason Loo ne perd pas une seconde pour installer son intrigue. Dès les premières pages, le ton est donné : Undead Iron Fist privilégie l’action à l’exposition. Les retrouvailles avec les alliés de Danny Rand, les interrogations sur son retour ou les conséquences de sa résurrection passent volontairement au second plan. Le scénariste préfère concentrer son récit sur une succession d’affrontements nerveux et spectaculaires qui rappellent autant les films de kung-fu que certaines histoires surnaturelles de Marvel. On trouve en bonus toute une série de clins d'œil, de renvois à la carrière du personnage, grâce aux dialogues, aux échanges avec le compère Luke Cage, lors de la cérémonie d'anniversaire de Danny Rand. Ces débuts fonctionnent plutôt bien. Même un lecteur peu familier du personnage peut entrer facilement dans l'histoire. Les bases du mythe sont suffisamment claires pour comprendre les enjeux, tandis que les nombreuses références à la lignée des Iron Fist enrichissent l'ensemble sans le rendre hermétique. Loo profite même de l'occasion pour remodeler certains aspects de la mythologie d'Iron Fist. Jusqu'à ce que pas de chance, Danny échoue dans un combat de trop, et on finit par le mettre six pieds sous terre, au grand dam de ceux qui l'ont bien connu et n'arrivent pas à admettre que cette fois, c'est bel et bien fini. Décidemment, il était dit que les Iron Fist ne dépassent pas les 33 ans, ou de si peu… 
Undead iron fist danny rand d'entre morts

Le lecteur, lui, est moins naïf. Voir Danny revenir des enfers, armé d'un nouveau pouvoir et lancé dans une croisade contre des créatures démoniaques, relève d'une forme de folie assumée qui convient parfaitement au personnage. Cette approche évoque parfois les trajectoires de Ghost Rider ou de Moon Knight, deux héros dont les aventures flirtent régulièrement avec le surnaturel. L'Iron Fist version 2026 abandonne ainsi une partie de son image traditionnelle de maître des arts martiaux pour devenir une sorte de guerrier spectral hanté par sa mission. Cette orientation a toutefois un prix. Avec seulement quatre épisodes (et quelques pages en complément), la mini-série donne régulièrement l'impression de courir après le temps. Plusieurs séquences paraissent écourtées et certains personnages secondaires traversent l'histoire sans laisser une empreinte durable. La présence de quelques invités prestigieux, notamment Miles Morales, semble d'ailleurs davantage répondre à une logique éditoriale qu'à une nécessité scénaristique. Ces apparitions restent plaisantes, mais elles ralentissent parfois une mécanique qui fonctionne mieux lorsqu'elle se concentre sur Danny Rand. Et la manière de mêler le mystique à la réalité prosaïque n'est pas toujours du meilleur effet. On peut s'y perdre, en tous les cas avoir la sensation de manquer quelques éléments. Heureusement, la partie graphique compense ces quelques faiblesses. Fran Galan livre un travail particulièrement énergique, avec un trait habité qui donne aux combats une intensité constante. Les coups paraissent puissants, les mouvements fluides et les chorégraphies bénéficient d'une véritable identité visuelle. On retrouve même l'une des traditions les plus appréciées des séries Iron Fist : les techniques martiales nommées au détour des cases, comme dans les vieux films de kung-fu. Le dessinateur varie en outre les approches, alterne séquences explosives, jeux d'ombres et mises en scène plus stylisées afin d'éviter toute monotonie. Le nouveau costume de Danny Rand participe lui aussi à cette volonté de renouvellement. Plus chargé que la tenue classique, il ne séduira pas forcément tous les lecteurs (la preuve, avec moi-même), mais il accompagne efficacement cette transformation du personnage en Fist revenu d'entre les morts. Il y a comme un parfum d'Aquaman version harpon à la place de l'avant-bras, sans oublier la particularité physique de Misty Knight. L'album est complétée par le spécial consacré au cinquantième anniversaire d'Iron Fist. S'il sert principalement à poser les bases de cette mini-série, il apporte également plusieurs récits courts agréables à parcourir. Aucun n'est véritablement indispensable, on les prendra comme un bonus offert par la maison (encore que c'est inclus dans le prix, hein). Pour un héros que beaucoup considèrent comme relégué au second plan depuis plusieurs années, Undead Iron Fist s'en sort avec les honneurs. Bref, ça peut se tenter. 

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