Catwoman à rome : loeb et sale dans la collection urban nomad

Catwoman rome loeb sale dans collection urban nomad
 Paru dans la foulée de Batman : Un Long Halloween et Dark Victory, mais publié avec plusieurs années de retard, Catwoman à Rome constitue en quelque sorte la pièce manquante du puzzle imaginé par Jeph Loeb et Tim Sale. L'album raconte ce que faisait Selina Kyle pendant les événements de Dark Victory, où elle disparaissait durant une grande partie du récit. Une absence qui trouvait ici son explication, sous la forme d'une escapade italienne mêlant secrets de famille, règlements de comptes mafieux et quête identitaire. Loin des ruelles sombres et malfamées de Gotham, Selina met le cap sur Rome afin d'en apprendre davantage sur ses liens supposés avec la famille Falcone. Ce point de départ permet à Jeph Loeb de livrer une intrigue plus légère que ses précédents récits consacrés au Chevalier Noir. Les amateurs de mystères labyrinthiques à la Long Halloween risquent d'être surpris : l'enquête est ici moins alambiquée, les révélations plus prévisibles et l'ensemble privilégie davantage l'aventure que le suspense. Ce n'est d'ailleurs pas un défaut et ça rend le propos plus sympathique. Catwoman à Rome assume pleinement son statut de parenthèse ensoleillée au sein d'une saga habituellement dominée par les averses et les crimes dans l'ombre poisseuse. Le scénario s'apparente ainsi à un récit de casse et d'espionnage teinté d'humour, où Selina évolue avec une aisance admirable. Loeb lui offre l'occasion de porter seule l'histoire sur ses épaules et démontre qu'elle peut parfaitement tenir le premier rôle. Plus indépendante, plus vulnérable aussi, la féline de Gotham gagne en épaisseur tout en conservant son charme et son insolence habituels.
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Graphiquement, Tim Sale, qu'on ne regrettera jamais assez, se montre une nouvelle fois remarquable. Son trait stylisé et immédiatement reconnaissable s'adapte parfaitement aux décors italiens, qu'il transforme en véritable terrain de jeu visuel. Les monuments romains, les ruelles pittoresques et les ambiances de cinéma italien apportent une couleur inhabituelle à l'univers de Batman. Sale s'amuse également à multiplier les tenues élégantes de Selina, dont il fait une héroïne glamour digne des grandes productions hollywoodiennes. L'artiste insiste sur la sensualité du personnage, parfois même jusqu'à l'excès, ce qui pourrait bien en froisser quelques-uns, soyons sérieux et honnêtes. L'album souffre malgré tout de quelques limites. Son intrigue demeure relativement modeste quand on la replace dans la grande tapisserie du personnage et les lecteurs familiers de Dark Victory devineront assez vite certains des secrets qui n'en sont plus. Plusieurs apparitions de super-vilains donnent parfois l'impression d'être ajoutées davantage pour le plaisir que par nécessité narrative. Rien de rédhibitoire, mais Catwoman à Rome ne possède pas l'ampleur ni la puissance dramatique des meilleures collaborations entre Loeb et Sale. Reste une lecture particulièrement plaisante, portée par une héroïne attachante et par des dessins somptueux. Sans atteindre les sommets de Un Long Halloween, cet album complète habilement le parcours de Selina Kyle et apporte un éclairage bienvenu sur l'une des figures les plus fascinantes de l'univers Batman. Une escapade romaine élégante, séduisante et parfaitement recommandable, surtout pour les lecteurs déjà conquis par la mythologie construite par Jeph Loeb et Tim Sale. Sachant que la collection Urban Nomad vous permet de récupérer ces épisodes pour moins de neuf euros, le prix d'un spritz à Paris, ça se tente, non ? 

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