Wolverine les chevaliers de madripoor : nostalgie mutante

Wolverine chevaliers madripoor nostalgie mutante Certains endroits collent immédiatement à un personnage. Gotham avec Batman. Hell’s Kitchen avec Daredevil. Et Madripoor avec Wolverine. Dès que Logan remet les pieds dans cette ville qui grouille de casinos, de magouilles et de bars mal fréquentés, quelque chose fonctionne presque en mode automatique. Avec Wolverine : Les Chevaliers de Madripoor, Panini Comics nous replonge dans cette ambiance très particulière, directement héritée des grandes années de Chris Claremont sur les X-Men. Le principe de la mini série est simple : Chris le démiurge revient à la suite de l’excellent Uncanny X-Men #268, épisode culte sorti en 1990, pour retrouver Wolverine, Captain America et Natasha Romanoff au cœur d’une nouvelle affaire mêlant la Main, un artefact secret et quelques vieilles connaissances peu fréquentables comme Bloodscream ou Roughouse. Oui, dit comme ça, on dirait un vieux Strange paumé sur les rayons poussiéreux d'un bouquiniste. Et honnêtement, c’est aussi ce qui fait le charme de ce bouquin. Très vite, le récit retrouve ce parfum des comics Marvel à l’ancienne. Beaucoup de dialogues, des bulles de pensée, des personnages qui prennent le temps de discuter entre deux bagarres et une intrigue qui avance en mélangeant espionnage, bastons et vieux souvenirs. Claremont n’essaie jamais de moderniser sa manière d’écrire pour coller aux standards actuels. Il écrit du Claremont pur jus. Selon les lecteurs, ce sera soit un vrai plaisir nostalgique, soit quelque chose d’un peu daté. Probablement les deux à la fois. Mais le plus important, c’est que l'ensemble reste très agréable à lire, avec cependant la certitude qu'il faut mieux avoir lu et connaître les épisodes originels, pour pleinement savourer la situation et les retrouvailles.Wolverine chevaliers madripoor nostalgie mutante

Premièrement, l’action fonctionne bien. Edgar Salazar livre des scènes très dynamiques, avec un Wolverine plus sauvage que jamais, des ninjas qui traversent des fenêtres et attaquent en traître, et une Black Widow particulièrement en forme (elle est séduisante en diable !). Si on ne tombe jamais dans le gore gratuit, l'histoire rappelle quand même que Logan reste un personnage extrêmement violent quand il lâche les freins. Captain America opte pour une approche plus soft, tandis que Jubilé est vite écartée, même si la revoir dans ce rôle bêtement protecteur envers Logan est toujours un plaisir. Ce dernier est d'ailleurs dans une mauvaise passe, avec un pouvoir auto guérisseur qui flanche et l'empêche de guérir rapidement des blessures qui lui sont infligé. Wolverine et Cap qui vont même, à un certain point, voir leurs énergies vitales siphonnées, être réduits à l'état de gringalets sans force, le temps de se remettre d'aplomb pour un final spectaculaire.  Ensuite, Madripoor reste toujours aussi un vrai terrain de jeu. Entre les hôtels luxueux, les ruelles sombres et les repaires criminels, Salazar donne beaucoup de personnalité à la ville. On sent presque l’humidité, la chaleur et les ennuis arriver à chaque coin de rue de cet île nation, où l'opulence habite la partie haute, où les plus fragiles et la pègre hantent la cité basse. Le vrai point faible, donc, c'est le côté très chargé en références. Claremont adore ces personnages, leur passé, leurs relations, leurs anciennes aventures. Ça se sent à chaque page. Si vous connaissez déjà cette période des X-Men, vous serez comme chez vous. Sinon, certains passages risquent de paraître un peu flous, avec l’impression d’arriver au milieu d’une conversation entre amis, de se taper l'incruste dans un festival de private jokes. Mais bon, ce n’est pas un reboot pensé pour séduire absolument tout le monde. C’est davantage une balade nostalgique dans un vieux coin du Marvel Universe, un clin d'œil à ma propre adolescence. Si vous aimez Wolverine version Patch, les ambiances de polar urbain et les X-Men époque Claremont, il y a de fortes chances que ce retour à Madripoor vous fasse passer une douce soirée de fin de printemps. Autrement, c'est pas gagné d'avance.

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