Dix petits nègres (BBC, 2015)

petits nègres (BBC, 2015)

Dix petits nègres (rebaptisé depuis Ils étaient dix) fait partie de mes romans préférés de la reine du crime. Aussi, après avoir découvert (tardivement !) que la BBC avait proposé une adaptation de ce grand classique de la littérature, il me fallait absolument m’y pencher. Je suis en effet rarement déçue par le travail effectué par la BBC tant les adaptations sont généralement de qualité et restent fidèles aux œuvres d’origine. Une fois de plus, je n’ai pas boudé mon plaisir. J’ai adoré cette mini-série découpée en trois épisodes.

Tout commence par une invitation lancée par les Owen. Huit invités sont attendus et se retrouvent à séjourner dans une magnifique demeure située sur une île isolée. Deux domestiques sont sur place pour les accueillir. Ils sont donc dix, seuls, abandonnés à leur triste sort lorsqu’ils découvrent que les propriétaires sont aux abonnés absents. Au cours du dîner, une voix s’élève. Chacun des occupants est alors accusé d’avoir commis un meurtre. Le décès d’un premier invité survient. Suivi d’un deuxième. Démarre alors une véritable course contre-la- montre. Il s’agit de déjouer les plans du tueur (qui ne peut être que l’un d’entre eux) mais aussi de sauver sa peau !

petits nègres (BBC, 2015)

Quel bonheur de retrouver ce huis clos terrifiant adapté à l’écran ! Onze ans après avoir lu Dix petits nègres, je me rappelais du final tant celui-ci marque les esprits. Ce qui n’a guère amoché mon intérêt. Le casting se montre ici réussi, et je me suis tout de suite intéressée au personnage de Vera Claythorne, exactement comme lorsque j’avais lu le livre ! Maeve Dermoby crève ici l’écran. Je trouve qu’elle marque cette série par sa présence, et son jeu. Les domestiques (les Rogers) se montrent également mystérieux à souhait, avec des secrets inavouables et un physique peu recommandable. Tout est donc pensé pour faire monter la tension. D’autant qu’ici point de Poirot pour empêcher un véritable enchaînement de meurtres… Dix petits nègres reste peut-être le roman le plus sombre d’Agatha Christie. Jusqu’au bout, on espère qu’au moins l’un d’entre eux s’en sortira. Même si le tueur, si l’on s’en tient à la comptine qui est affichée dans les chambres, n’a qu’une idée en tête : que les cadavres s’amoncèlent !

Même lorsqu’on connaît la fin, on se prend donc au jeu. La musique est angoissante. Le plateau avec les petites figurines représentant les invités (une statuette disparaissant à chaque meurtre) aussi. On tremble pour chacun d’eux, même si l’on sait qu’ils ont commis l’irréparable par le passé. Rapidement, nos invités se soupçonnent les uns les autres. On passe alors d’une ambiance so british où il est fondamental de prendre le thé, tout en respectant sa position sociale, à la disparition des bonnes manières et autres civilités.

Certaines scènes sont absentes dans l’œuvre d’origine (je pense notamment au passage où il est question de drogue et d’alcool). Le résultat se fait ici plus sanglant, plus moderne, avec une liaison entre deux personnages là où seule une tension sexuelle était suggérée dans le livre. Mais qu’importe. Il ne s’agit que de deux ou trois scènes. Ce qui, pour moi, ne porte pas à conséquence sur le fait que l’esprit du roman d’Agatha Christie est ici respecté à la lettre.

petits nègres (BBC, 2015) petits nègres (BBC, 2015)

Je ne peux en tout cas que vous recommander mille fois cette adaptation proposée par la BBC. Et je suis toujours aussi bluffée par le talent de Dame Agatha. Cela me donne en tout cas envie de relire Ils étaient dix, mais également de me rendre en Angleterre pour découvrir les lieux si chers à la reine du crime (Torquay, les Cornouailles, Greenway qui était sa résidence d’été). Peut-être le savez-vous déjà, mais l’Île du Soldat sur laquelle se retrouvent nos dix invités a été pensée en référence à l’Île de Burgh (située au sud de l’Angleterre). En bref, car je pourrais vous en parler encore des lustres, lisez le livre si ce n’est déjà fait ! De mon côté, il me tarde d’aller à la rencontre de ce cher Hercule Poirot pour poursuivre ma découverte de ses enquêtes.


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