Nous qui avons connu Solange • Marie Vareille

Nous avons connu Solange Marie Vareille

Des générations de femmes et une poésie lyrique dans les mots de Marie

╰☆ Résumé ☆╮

« Le jour où je suis devenue une meurtrière, j’ai cessé d’aimer les mirabelles ». Sarégnac, Corrèze. Célestine grandit dans la ferme familiale, bien décidée à réussir ses études pour échapper à la vie de labeur qui l’attend aux champs. Cadiran, Gironde. Solange est internée dans une école de préservation pour jeunes filles où sont envoyées des adolescentes jugées « déviantes ». Quel secret lie ces deux jeunes femmes ? Pourquoi Solange déteste-t-elle tant Célestine ? Et comment cette dernière a-t-elle pu commettre l’irréparable ? De la France de nos grands-parents jusqu’à nos jours, cette intrigue poignante ménage autant de suspense que de rebondissements. A travers les destinées de quatre générations de femmes puissantes, Marie Vareille retrace l’extraordinaire évolution de notre monde depuis un siècle et nous rappelle ce que nous devons tous à la persévérance et au courage de nos aînées.

✿ Mon avis ✿

📖 Un rendez-vous devenu incontournable

Recevoir le nouveau Marie Vareille, c’est devenu un cap dans une année de lecture (et elle n’en sort pas tous les ans !). Pour moi, c’est la certitude que je vais passer un excellent moment. Et inutile de vous cacher : ce fut encore une fois une réussite avec ce nouveau titre. Marquez vos agendas, il sort le 11 mars. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que même pas 48h (et une soirée où j’ai été me coucher bien plus tard que d’habitude pour le terminer) après sa réception, il était dans ma pile ‘lu’.

Pourtant, on change un peu de décor et d’ambiance avec ce nouveau roman. J’ai eu l’impression de voir la plume de Marie évoluer. En passant de la littérature ‘rom-com’ et contemporaine à quelque chose de plus universel et « durable » puisqu’on parle de nos racines, de l’Histoire aussi en quelque sorte.

🌾 Une fresque familiale poignante

Marie Vareille prend le temps de nous dépeindre une famille sur plusieurs générations. Des femmes fortes, qui se veulent indépendantes mais qui sont bridées par leur situation sociétale et familiale. Le devoir avant tout.

Dans un contexte post-guerre, en France, une femme voit sa mère tenir tout un domaine fermier comme une cheffe d’affaires. Une femme qui n’a pas peur du travail lourd, qui est le cerveau ET les muscles. Aussi une femme qui souhaite innover, faire grandir le patrimoine familial avec de nouvelles idées. Quelqu’un qui ne se limite pas à ce qui est mais qui vise à faire mieux.

Toutefois, lorsque l’homme de la maisonnée reprend le contrôle, et que l’enfantement d’un énième bébé vient changer la donne, les rêves sont écrasés, et ce futur plus lumineux s’envole.

« Aucun homme ne peut offrir la liberté à une femme »

Et puis on alterne le récit principal avec ces lettres si énigmatiques, si pleines de drame, d’amour, de rancœur et de mystère. Qui ? Pourquoi ? Que s’est-il passé ?

Avec cette plume si lyrique, les émotions sont à vif. On vibre pour les personnages, on ressent les tragédies comme si c’était les nôtres. Et surtout, on se demande bien pendant tout le long qui sont ces personnes à qui ces femmes parlent et écrivent. Un mystère qui prend son temps à se dérouler et que l’on savoure page après page.

J’ai été particulièrement sensible et admirative de la poésie que contiennent les lettres de Solange et de l’injustice que doivent affronter toutes ces femmes dans le récit (et dans la vie !). Par ailleurs, Marie aborde de nombreux thèmes durs et universels : le droit et l’égalité des femmes, le patriarcat, l’avortement, la maternité, la filiation…

« Le bonheur, tu sais, peut n’être rien d’autre que la banalité d’un quotidien dépourvu de drames. »

Merci !

Je lis pour tomber sur des phrases qui frappent en plein cœur. Pour me reconnaître dans des émotions que je croyais miennes, et découvrir qu’elles sont, en réalité, universelles. Lire, c’est chercher cette connexion, ce partage invisible, cette beauté rare des mots qui sonnent juste.

Ce roman coche tout ce qui fait que j’aime lire : me sentir moins seule, comprendre que nos émotions traversent les générations et les époques. Avec une justesse bouleversante, Marie Vareille me l’a rappelé une fois encore. Un livre qui marque, qui reste longtemps après la dernière page, et qui confirme pourquoi chaque nouvelle parution est pour moi un véritable rendez-vous. ✨

J’espère que vous aussi… bientôt… vous aurez connu Solange…

Merci aux éditions Flammarion et à Marie pour l’envoi de cet ouvrage. Partenariat non-rémunéré – Livre envoyé par la maison d’édition. 

 CHRONIQUE 975 – Février 2026

  • Parution : 11 mars 2026
  • Editeur : Flammarion
  • Nombre de pages : 432 pages
  • Genre : Littérature