Une enfance cabossée racontée avec une grande sincérité.
╰☆ Résumé ☆╮
Sophie, 6 ans, grandit auprès d’un père alcoolique. Un jour, il est tellement ivre qu’elle ne parvient pas à le réveiller. Enfermé dans la spirale de l’addiction, il perd son travail, accumule les dettes, enchaîne les mauvaises décisions et néglige sa fille… pendant que la mère de Sophie, véritable figure solaire, s’efforce de garder leur famille à flot. Une fois la séparation prononcée, encore solidaire des dettes de son ancien conjoint, c’est à elle de les rembourser, petit à petit, confiant sa fille adorée à ses grands-parents pour pouvoir leur reconstruire une vie bien à elles. L’ histoire d’une maman solaire envers et contre tout, portée par un dessin onirique et envoûtant.
✿ Mon avis ✿
J’ai lu cette BD d’une traite. Impossible de la reposer.
Dès les premières pages, le dessin m’a frappée. Certaines planches ressemblent à de véritables tableaux. Le coup de pinceau est magnifique, avec des teintes qui évoquent l’aquarelle. Il y a énormément d’émotions dans ces images. Par moments, les illustrations parlent presque plus que les mots.
L’histoire, elle, est difficile. On suit une petite fille qui grandit avec un père alcoolique. Sa mère fait ce qu’elle peut, mais cela ne suffit pas toujours. Le père manque des moments importants de la vie de sa fille, trop souvent absent, endormi ou ivre. Il lui présente aussi des amis peu recommandables, des fréquentations qui rendent l’atmosphère encore plus inquiétante.
Et même lorsque la famille élargie finit par la recueillir, la douceur n’est pas vraiment au rendez-vous. Tout au long de la lecture, on espère un moment de répit pour cette enfant. Un instant où elle pourrait simplement vivre une vie d’enfant, profiter de la joie et de l’amour que tous les enfants devraient connaître. On ressent une immense tendresse et beaucoup de peine pour elle.
Le récit est triste, mélancolique, mais profondément authentique. Brut et honnête. Raconter une histoire autobiographique comme celle-ci demande beaucoup de courage.
Ce qui m’a aussi marquée, c’est la force du silence dans cette BD. Parfois, quelques mots suffisent. Parfois, il n’y en a presque pas. Et pourtant, tout passe : les émotions, la solitude, la peur, mais aussi les petits instants de lumière. Le regard de l’enfant suffit à tout raconter.
Au final, c’est une mosaïque de souvenirs et de moments de vie, racontés à hauteur d’enfant. Un témoignage dur, mais profondément humain.
Et la fin apporte une douceur inattendue. Elle n’efface pas la lourdeur des pages précédentes, mais elle vient l’adoucir, comme une lumière un peu plus chaude après une longue grisaille.
Un témoignage poignant, porté par un dessin absolument magnifique.
Merci aux éditions Leduc pour l’envoi de cet ouvrage. Partenariat non-rémunéré – Livre envoyé par la maison d’édition.
CHRONIQUE 976 – Mars 2026
- Parution : janvier 2026
- Editeur : Leduc
- Nombre de pages : 160 pages
- Genre : Témoignage/récit de vie